Dès ce mardi, la France impose un malus financier sur les vêtements de fast fashion pour en décourager l’achat.
Après qu’une taxe européenne sur les petits colis chinois en a freiné l’importation, la France tape fort avec l’instauration d’un malus sur chaque produit de mode ultra-éphémère type Shein, pouvant atteindre jusqu’à 19,50 euros en plus pour une veste d’ici 2030. La mesure visant les habits de mode jetable entre en vigueur aujourd’hui.
Entre la marque haut de gamme française Ba&sh, l’enseigne nordiste Kiabi, l’espagnol spécialiste de la fast fashion Zara et le pionnier asiatique de la mode ultra-éphémère Shein, les «différences d’ordre de grandeur extrêmement significatives», selon le cabinet du ministre français de la Transition écologique. Ba&sh met en rayon 300 produits différents par an, Kiabi, 17 400, Zara environ 20 000, mais Shein dépasse le 1,7 million de références.
La plateforme (avec les Chinois Temu et AliExpress) est accusée de pollution environnementale au vu des volumes mis sur le marché mais aussi de concurrence déloyale envers les entreprises européennes, voire de travail forcé dans les usines de l’Empire du Milieu.
Des dispositions supplémentaires
Chaque vêtement aura un score, produit d’une équation entre les volumes de vêtements mis sur le marché par l’entreprise et l’incitation à la réparation. Ce malus prévoit jusqu’à 19,50 euros de pénalité par pièce en 2030, avec un plafonnement à 50 % du prix hors taxe.
Outre le malus, d’autres dispositions de la loi entreront en vigueur au début de l’année prochaine, dont l’injonction faite à ces entreprises de sensibiliser les consommateurs à l’impact environnemental de leurs achats, ainsi que l’interdiction de la publicité pour ces plateformes.
La semaine dernière, Bercy s’était félicité de la baisse «de 30 % à 40 %» des importations de petits colis chinois à la suite de la mise en place au 1er juillet d’une taxe européenne entendant en juguler le flux.
En 2025, près de 5,9 milliards de petits colis (dont 93 % provenaient de Chine) sont entrés sur le marché européen, soit plus de 180 chaque seconde et quatre fois plus qu’en 2022. L’Union européenne soupçonne une partie substantielle des produits importés d’être non conformes voire dangereux.