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Espagne : guerre des chefs à la tête de Podemos


La guerre est déclarée entre Pablo Iglesias (à dr), chef du parti de gauche radicale espagnol Podemos et son numéro deux Inigo Errejon (à g.). (photo AFP)

Pablo Iglesias, chef du parti de gauche radicale espagnol Podemos et son numéro deux Inigo Errejon ont présenté mercredi soir des listes séparées pour la direction de la formation, confirmant n’avoir pu surmonter leurs divergences avant le congrès des 11 et 12 février.

« Il n’y a pas d’accord. Les candidatures sont enregistrées », a précisé jeudi un porte-parole du parti, confirmant qu’à l’expiration du délai imparti, mercredi à minuit, les deux dirigeants avaient présenté deux listes et deux programmes qui seront débattus lors du congrès. « C’est vrai, il y a des choses sur lesquelles nous nous sommes mis d’accord et d’autres non », a déclaré jeudi Inigo Errejon à la radio Cadena Ser. Il a cependant assuré que, même s’il défend une ligne politique différente, il souhaite toujours que Pablo Iglesias dirige le parti.

Certains craignent que le duel de plus en plus acrimonieux entre les deux universitaires et amis de 14 ans, cofondateurs de Podemos, ne finisse par faire des « blessés » dans le parti. La numéro trois, Carolina Bescansa, secrétaire générale du groupe parlementaire, a annoncé mercredi soir qu’elle quittait la direction du parti, affligée par leur « confrontation ». Dans une lettre diffusée sur les réseaux sociaux, elle estime que les équipes d’Iglesias et d’Errejon « tournent le dos au dialogue ».

Ouverture du parti contre agitation sociale

Avant le congrès, trois programmes seront présentés à quelque 450 000 sympathisants du parti « anti-austérité » né en 2014 et devenu la troisième force politique d’Espagne, talonnant les socialistes. Il s’agit de rénover la direction et, surtout, de valider les grandes lignes d’une nouvelle stratégie face aux conservateurs au pouvoir et aux socialistes en crise interne, pour l’emporter lors des Législatives de 2020.

Errejon, 33 ans, veut « déprésidentialiser » Podemos, estimant que son secrétaire général a trop de pouvoirs. Il défend une ligne politique « plus transversale », capable de séduire aussi les électeurs socialistes. « Nous ne devons pas nous enfermer à gauche de l’échiquier politique. »

Pablo Iglesias, 38 ans, insiste au contraire sur l’importance de l’agitation sociale pour faire avancer la cause des plus humbles. Leurs courants, qui seraient au coude à coude, pourraient être départagés par la tendance minoritaire « anticapitaliste », souhaitant une décentralisation du pouvoir comme Errejon et défendant l’agitation sociale comme Iglesias.

Le Quotidien/AFP

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