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Au moins 33 morts dans l’accident d’un car de migrants au Panama


Les passagers se rendaient vers le Costa Rica, d'où ils comptaient poursuivre leur périple vers les Etats-Unis. (Photo : afp)

Au moins 33 personnes ont péri mercredi au Panama dans la collision entre un autocar de migrants en route pour les États-Unis et un minibus, ont annoncé les autorités panaméennes.

Le président Laurentino Cortizo a exprimé sur Twitter sa «grande tristesse» en apprenant la nouvelle de «l’accident de la circulation à Gualaca, dans la province de Chiriqui», à environ 400 km à l’ouest de la capitale. Les migrants circulaient à bord de l’autocar «alors qu’ils étaient transportés du Darien, la jungle frontalière avec la Colombie, vers une auberge», a précisé le chef de l’Etat. Les passagers se rendaient vers le Costa Rica, d’où ils comptaient poursuivre leur périple vers les Etats-Unis.

«Nos informations font état de 33 morts à ce moment précis», a déclaré un peu plus tard la directrice des services de migration Samira Gozaine à la chaîne de télévision Telemetro. À bord du véhicule se trouvaient 66 personnes, dont le chauffeur et son assistant, a déclaré aux journalistes le chef des opérations de circulation de la police, le commissaire Emiliano Otero. Les autorités n’ont pas divulgué dans l’immédiat les nationalités des occupants de l’autocar, ni le nombre total de blessés.

Cependant, «trois blessés sont dans un état critique sur les lieux de l’accident», a précisé Mme Gozaine. Plusieurs autres blessés ont été transportés par ambulances à l’hôpital de David, la capitale de la province de Chiriqui, ont encore indiqué les autorités. Les victimes «sont des personnes qui veulent de meilleures conditions de vie», a déploré la directrice des services de migration panaméens.

Epave déchiquetée

Selon des médias locaux, le chauffeur de l’autocar ne s’est pas arrêté à l’auberge près de la localité de Guacala où les migrants devaient faire étape avant de continuer leur route vers le Costa Rica. C’est lorsqu’il a voulu faire demi-tour que le véhicule est entré en collision avec un minibus. Le choc a été d’une violence terrible, comme en témoignent les photos de l’épave transmises par les services de secours et qui montrent une carcasse déchiquetée.

Le nombre de migrants en situation irrégulière arrivés au Panama par la route à destination des États-Unis a presque doublé en un an, atteignant un record de 248.000 en 2022 dont plus de la moitié sont des Vénézuéliens, selon les services d’immigration panaméens. Des Equatoriens, des Haïtiens et des Cubains, ainsi que des Africains et des Asiatiques tentent aussi de se rendre aux Etats-Unis en empruntant ce périlleux et long itinéraire.

Les migrants arrivent au Panama après avoir traversé à pied, au péril de leur vie, la jungle du Darien, à cheval sur la Colombie et le Panama, dépourvue de route. Durant ce périple ils affrontent les dangers de cette jungle montagneuse et marécageuse de 266 km de long et de 57 500 hectares. Leurs ennemis sont non seulement les serpents et les moustiques, mais également des bandes de criminels qui agressent les migrants pour les dépouiller. Nombre d’entre eux ont disparu ainsi dans la jungle tandis que des femmes et adolescentes sont violées.

Le gouvernement panaméen, en coopération avec des agences d’aide humanitaires de l’ONU et des ONG, a installé des camps destinés à accueillir les migrants à leur sortie du Darien. De même, les autorités permettent le passage des migrants par le pays à bord d’autocars d’entreprises privées qui transitent vers la frontière costaricienne par la route panaméricaine. Habituellement, les autocars roulent de nuit «car il y a moins de circulation» et profitent ainsi des heures «plus fraîches», a précisé Mme Gozaine.

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