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Au Liban, une «ligne jaune» israélienne, comme à Gaza


Des proches en deuil portent le cercueil recouvert d’un drapeau d’un membre du Hezbollah, tué dans le sud du Liban. (Photo : afp)

Israël a tracé une «ligne jaune» dans le sud du Liban, où ses troupes combattent le Hezbollah, affirmant vouloir protéger les populations des tirs provenant du mouvement pro-iranien.

Le Hezbollah brisera la «ligne jaune» de séparation qu’Israël a établie dans le sud du Liban, a assuré lundi l’un des députés du mouvement, affirmant que personne ne pourrait désarmer l’organisation. «Cette  »ligne jaune », nous la briserons par la résistance (…) en faisant valoir notre droit légitime de nous défendre et de défendre notre pays», a ainsi déclaré Hassan Fadlallah.

Après l’entrée en vigueur de la trêve de dix jours entre le Hezbollah et Israël vendredi, l’armée israélienne a dit avoir établi une «ligne jaune» de séparation dans le sud du Liban, comme dans la bande de Gaza, pour protéger la population du nord d’Israël.

Le député a redit le rejet du Hezbollah des négociations directes entre Beyrouth et Israël, les premières depuis des décennies, menées sous l’égide de Washington. Il a prévenu que son organisation «ne resterait pas les bras croisés devant les violations et les agressions israéliennes».

Le Hezbollah et Israël s’accusent mutuellement de violer la trêve, après plus de six semaines d’hostilités.

Hassan Fadlallah a indiqué que son parti avait informé l’Iran «de toutes les violations israéliennes» pour qu’il les transmette au Pakistan, médiateur dans les négociations entre les États-Unis et l’Iran.

«Il y a une voie politique tracée à Islamabad, sur lequel nous fondons beaucoup d’espoir, parce que l’Iran se tient aux côtés du Liban», a estimé Hassan Fadlallah.

L’Iran affirme avoir réclamé la trêve au Liban comme l’une des conditions du cessez-le-feu avec les États-Unis. La trêve entre Israël et le Liban doit expirer dimanche soir.

«Nous voulons que la trêve continue et s’accompagne du retrait» d’Israël du sud du Liban, a dit le député du Hezbollah, exigeant également le retour de «tous les déplacés dans leurs villages» et la libération des prisonniers par Israël, «suivie d’un plan de reconstruction» des régions détruites.

«Aboutir à une stabilité durable»

Le président libanais, Joseph Aoun, a déclaré lundi que les négociations directes avec Israël visaient à faire cesser de manière durable la guerre et l’occupation israélienne dans le sud du Liban, une démarche rejetée par le Hezbollah.

«Le choix des négociations a pour objectif de mettre fin aux hostilités et à l’occupation israélienne dans des régions du sud du Liban, et de déployer l’armée (libanaise) jusqu’aux frontières internationalement reconnues» avec Israël, a affirmé Joseph Aoun, cité par un communiqué de la présidence.

L’ancien ambassadeur du Liban à Washington, Simon Karam, présidera la délégation libanaise dans les négociations bilatérales, qui seront «distinctes» des pourparlers entre l’Iran et les États-Unis, a-t-il poursuivi, sans préciser quand les discussions auraient lieu.

Face à la réticence d’une partie de la population, le président a insisté sur la souveraineté du Liban dans ces discussions annoncées par Donald Trump.

«Personne ne partagera cette tâche avec le Liban, ni le remplacera dans cette mission», a-t-il assuré, appelant au «plus large soutien national possible» afin que les pourparlers atteignent leurs objectifs.

«Le Liban a deux choix, soit la poursuite de la guerre avec ses conséquences humanitaires, sociales, économiques  (…) soit les négociations pour mettre fin à la guerre et aboutir à une stabilité durable», a insisté le chef d’État, alors que les deux pays sont officiellement en état de guerre depuis des décennies.

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