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Andy Burnham vers Downing Street?


Andy Burnham, très populaire, est surnommé «roi du Nord». (Photo : afp)

Élu député, le principal rival de Keir Starmer est en pole position pour évincer le Premier ministre.

«Nous allons tracer une nouvelle voie pour la Grande-Bretagne», a déclaré Andy Burnham vendredi à ses supporters réunis sur un terrain de football de la circonscription proche de Manchester où s’est déroulée la législative partielle qu’il a remportée.

S’il a salué la large victoire de son rival lors de cette élection, Keir Starmer n’a de son côté montré aucune volonté de quitter le pouvoir. «S’il y a un vote pour la direction du parti travailliste, alors, oui, je serai candidat», a-t-il martelé aux journalistes vendredi.

Le maire du Grand Manchester l’a emporté dans la circonscription de Makerfield, avec 54,8 % des voix contre 34,5 % pour le candidat du parti anti-immigration Reform UK de Nigel Farage, une victoire beaucoup plus large qu’attendue.

C’est une contre-performance pour Farage, qui espérait faire de cette partielle la démonstration que son parti, en tête de tous les sondages nationaux depuis des mois, pourrait battre le Labour aux prochaines législatives de 2029.

Andy Burnham, surnommé le «roi du Nord», a répété pendant la campagne qu’il voulait «changer le Labour et le pays».

Bras de fer ou transition ordonnée?

Après deux échecs pour prendre la tête du parti travailliste – en 2010 et 2015 –, il avait quitté Londres pour Manchester, où il est devenu populaire en modernisant cet ancien bastion industriel et en s’attaquant régulièrement au gouvernement de Westminster. Il est la personnalité politique préférée des Britanniques selon l’institut YouGov – popularité relative, à 35 % seulement –, ce qui fait de lui l’alternative évidente à un Keir Starmer qui a accumulé les faux-pas en moins de deux ans à Downing Street.

Keir Starmer pourrait démissionner, ce qui permettrait à Andy Burnham de prendre la tête du Labour sans élection interne. Une autre option serait qu’Andy Burnham et Keir Starmer s’entendent sur une «transition ordonnée», plus longue, qui permettrait à l’actuel locataire de Downing Street une sortie digne et éviterait une élection interne fratricide.

Autre hypothèse : une élection interne, déclenchée par Andy Burnham ou un autre prétendant. Selon les règles du parti, le Premier ministre peut être automatiquement candidat, tandis que ses rivaux doivent rassembler 81 parrainages de députés travaillistes (sur les 400 à la chambre des Communes). Ce serait une formalité pour Andy Burnham. L’ex-ministre de la Santé Wes Streeting a aussi assuré avoir les soutiens nécessaires.

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