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Moselle : la fièvre monte dans les centres de dépistage et de vaccination


Contrairement à la première campagne de vaccination, l’heure n’est plus à la quiétude devant les centres anti-covid. (Photo: archives RL /Armand Flohr)

La flambée épidémique causée par Omicron provoque des embouteillages aux abords des centres de dépistage et de vaccination de Moselle-Nord. Pour apaiser les tensions, les laboratoires, comme ceux de Biogroup, s’en remettent aux services de sociétés de gardiennage.

« Les temps changent, hélas. » Laurent Cavalieri , à la tête de la police municipale de Thionville, soupire. Il paraît bien lointain, même inaudible, l’écho de la casserole tambourinée chaque soir pour saluer la dure besogne des soignants. L’euphorie de la première campagne de vaccination, électrisante comme un jour de libération nationale, s’est elle aussi diluée dans le temps.

Aujourd’hui, même les asymptomatiques souffrent du covid. L’usure, l’énervement comme effets secondaires indésirables.

« Des caprices de riches »

« C’est parfois compliqué, je l’admets. La tension est bien palpable », regrette le monsieur Doctolib du centre de vaccination municipal. La veille encore, un bug informatique a ralenti, d’un petit quart d’heure, la cadence du site : « On a immédiatement perçu de la crispation. »

Faire la police dans la longue file d’attente qui s’étire, chaque jour, devant l’Espace Saint-Nicolas, n’est pas rare. Facteur de discorde aggravant : la raréfaction de Pfizer , la valeur étalon de la campagne vaccinale : « Dernièrement, une femme s’est plainte de ne pas avoir du Pfizer. Elle est repartie furieuse en disant que toute de manière, elle avait réservé trois rendez-vous. Et qu’elle parviendrait à avoir sa dose, rapporte Laurent Cavalieri. Ce sont des caprices de riches. »

Certains de plus de 65 ans profitent également de leur régime d’exception : « Comme ils n’ont pas à prendre de rendez-vous, une poignée d’entre eux ne comprend pas qu’ils doivent attendre. Ils voudraient une file spéciale comme à Eurodisney. » Un fast pass vaccinal ? Cela mériterait un nouveau débat à l’assemblée nationale…

« On relève des incivilités »

De tension, il en est également question dans les centres de dépistage. La contagiosité d’Omicron se traduit par des embouteillages devant les laboratoires thionvillois : « Dimanche dernier, plus de 700 personnes ont été testées dans notre labo du Val-Marie, c’est inédit », comptabilise François Joppin, la voix communicante de Biogroup.

De quoi provoquer, ici aussi, quelques signes de lassitude : « La plupart des gens sont compréhensifs mais oui, on relève des incivilités. » Plus particulièrement au moment de la pause méridienne.

Inviter une quarantaine de personnes à revenir dans l’après-midi nécessite du… courage : « On ne pouvait plus demander à nos équipes de s’acquitter de cette tâche. D’où la décision de faire appel à une société de gardiennage. »

Surveillance renforcée

Les sept plus gros sites mosellans de Biogroup, dont Thionville, font ainsi l’objet d’une surveillance renforcée depuis le 13 décembre dernier. Un renfort loin d’être superflu, en témoigne l’agression récente d’un agent de sécurité devant le centre d’Hagondange. « Le contrat a été prolongé au moins pour ce mois de janvier », indique François Joppin.

Lequel ne s’imaginait pas, un jour, dépeindre une telle poussée sécuritaire dans la profession : « Récemment, je me suis entretenu avec un ami : sa compagne, biologiste, ne supporte plus les incivilités. Au point de vouloir arrêter. Quand je pense que depuis le début de ma carrière, en 1985, je n’ai connu que deux épisodes un peu tendus… » Les temps changent, en effet.

Jean-Michel Cavalli (Le Républicain Lorrain)

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