Quelques jours après l’annonce du lancement de la procédure de mise sous tutelle de la Ville par la nouvelle équipe en place, l’inquiétude monte au sein de la population.
«Oui, bien sûr qu’il y a de l’inquiétude. Qui ne serait pas inquiet ? On a peur de perdre nos primes et nos heures supplémentaires, c’est-à-dire tout ce qui fait notre salaire à nous, les petits.» Au lendemain de l’annonce du lancement de la procédure de mise sous tutelle de la ville de Mont-Saint-Martin par la préfecture, les agents municipaux ne cachent pas leur stress. Car l’État, via la Chambre régionale des comptes, pourrait conseiller fortement à l’équipe en place de tailler dans le budget de fonctionnement. Ce qui affecterait donc le niveau de vie des fonctionnaires. La piste de faire disparaître les contractuels n’est pas exclue non plus.
L’anxiété se lit également sur le visage des membres associatifs, qui pourraient voir les subventions à leurs structures baisser drastiquement, voire disparaître. «Comment va-t-on faire pour fonctionner si la décision est prise de ne plus nous soutenir ? Mont-Saint-Martin n’est pas une commune riche. Beaucoup d’habitants d’ici galèrent et ont besoin de ces associations et de ces aides», commente Nabil, rencontré dans le parc Brigidi.
«Qui va trinquer à la fin ?»
Lui aussi est un Saint-Martinois qui a peur de voir ses impôts augmenter. Tout comme Mireille : «Ça veut dire que les projets annoncés ne verront pas le jour, comme la nouvelle école ? Et puis est-ce qu’il y a un risque que l’État augmente les taxes ? Les nouveaux élus ont l’air de bien faire leur boulot. C’était aussi le cas des anciens, je pense, qui ont eu à subir les émeutes. Ce n’était pas un mandat simple. Mais là, qui va trinquer à la fin ?»
Les entreprises actives dans les rues, sur la voirie, sont quant à elles dans l’expectative. «Les contrats pour les travaux actuels datent de l’an dernier. Donc on aura de l’activité dans la ville pendant encore quelques mois. Après, on verra», confirme Cédric. La conclusion d’Armand, de Piedmont, est limpide : «Il se dit tout et n’importe quoi sur cette situation. Est-ce que le nouveau maire est meilleur que l’ancien ? On va attendre de voir la suite des événements.»
«La tutelle aurait pu être évitée»
L’ancien adjoint aux finances Patrice Marini, aujourd’hui dans l’opposition, insiste : «La tutelle aurait pu être évitée via l’emprunt. On est une ville pas très endettée, avec un taux de l’ordre de 655 euros par habitant, alors que la moyenne nationale est plutôt de 755 euros. Ce n’est pas le choix qu’a voulu faire la nouvelle majorité en place. Tant pis. Les conséquences vont être difficiles.» Et l’ex-conseiller municipal du maire Serge De Carli de poursuivre : «Malgré les émeutes et autres difficultés rencontrées, on avait mis en place une politique associative, sociale et tournée vers le personnel de la Ville. On ne sait pas quelle direction tout cela va prendre désormais.»