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Metz : le mur du handicap franchi grâce à l’escalade


Plusieurs pratiquants d’un jour ont redécouvert l’existence de certains muscles, trop longtemps endormis. (Photo rené bych)

Le Club Escalade Évasion Metz (CEEM) a organisé une journée Handi’escalade ce samedi 18 avril. Plusieurs résidents de deux foyers spécialisés de la région ont découvert notamment l’adrénaline liée à la pratique de la grimpe.

«Si tu montes tout en haut, je t’achète du chocolat au supermarché !», s’exclame le pensionnaire d’un foyer à l’égard d’un camarade. Un autre lance : «Allez, sportif 2.0 !» Encouragements et petits chambrages en ce samedi après-midi au pied du mur d’escalade. On est au gymnase Paul-Valéry de Metz-Borny et ce 18 avril rime avec journée découverte pour un public conquis. À savoir les résidents de deux foyers spécialisés de la région. Ils sont une douzaine d’hommes et femmes du FAS de Vitry-sur-Orne et du Fesat de Pierrevillers à découvrir les joies de la grimpe. Et même, pour certains, à les redécouvrir.

À l’image de Franck, 49 ans, qui vient de regagner le plancher des vaches après une ascension plutôt efficace : «J’en ai déjà fait dans la nature, avec mon moniteur. Il faut bien regarder les prises.» Et de glisser, toujours avec le sourire : « J’ai pas le vertige, faut pas regarder en bas. »

«Le vertige, je connaissais pas !»

D’autres s’essayaient à l’escalade pour la première fois. Si certains n’ont pas osé franchir le pas en raison d’une appréhension bien légitime, d’autres ont eu l’heureuse surprise et le plaisir de percer à jour une autre facette d’eux-mêmes. Telle Jasmine, 45 printemps : «Moi le vertige, je connaissais pas ! C’est une drôle d’impression.» Un sentiment de peur mêlé à cette autre sensation nouvelle qu’est l’adrénaline. Du coup, Jasmine a grimpé «deux fois» et s’embarque même pour une troisième ascension.

Les plus forts comme Franck n’hésitent pas à tutoyer les cieux en prenant le couloir le plus haut, qui culmine à 8,5 m du sol. «En les voyant, on ne dirait pas qu’ils sont atteints d’un handicap, même s’ils sont bien guidés par les moniteurs (et qu’ils disposent d’un matériel adapté, N.D.L.R.). L’escalade a cette capacité de casser le mur du handicap», observe Damien, un éducateur, qui ne lâche pas ses protégés du regard.

Une section para-escalade

C’est justement le but avoué des initiateurs de cette journée : permettre aux personnes souffrant d’un mal physique ou mental de franchir les obstacles de l’invalidité et leur montrer la possibilité de faire du sport comme Monsieur et Madame Tout-le-Monde. Et ça tombe bien : les membres du club en question, le Club Escalade Évasion Metz (CEEM) , ont monté une section para-escalade en septembre. «Les gens intéressés peuvent encore s’inscrire. Sinon, on compte bien développer la section à la rentrée prochaine», avance Maryse François, en service civique au sein de l’association sportive.

D’ailleurs, le CEEM compte parmi ses membres Etienne Jolivalt, frappé de cécité et qui guide les grimpeurs d’un jour en cette journée pas comme les autres. «L’escalade, c’est très tactile. J’analyse les prises avec mes doigts, explique ce presque quinquagénaire. Et je fais pleinement confiance à mon assureur qui me guide bien.» Maryse reprend : «L’escalade est un sport complet qui fait marcher tous les muscles.» «Il faut faire du sport et de l’escalade !», ponctue Franck. Lequel va essayer de convaincre ses camarades et ses éducateurs de venir retenter l’aventure…

G. I.
(Le Républicain Lorrain)

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