Une enquête pour «homicides involontaires» a été ouverte après l’accident d’avion dimanche près de Nancy qui a fait 11 morts, a annoncé mardi le procureur adjoint chargé du pôle accidents collectifs du parquet de Paris.
«C’est une enquête qui est particulièrement complexe», a expliqué Christian de Rocquigny lors d’une conférence de presse à Nancy. «Ce sont des expertises, des investigations techniques qui prennent du temps», a-t-il dit.
«Je n’ai pas de conclusion à donner à ce stade-là, ce serait évidemment tout à fait prématuré», a-t-il ajouté.
Onze personnes, dont cinq devaient faire leur baptême de parachutisme, ont été tuées dimanche à Tomblaine dans la chute encore inexpliquée, très peu de temps après le décollage, du petit avion qui les transportait. Il s’agit de l’accident d’aviation légère le plus meurtrier en France.
Le travail effectué par la gendarmerie a permis d’établir que les «vols avaient débuté la veille, que l’avion était à sa troisième rotation dimanche et que l’accident est survenu très rapidement après le troisième décollage», a détaillé le magistrat.
Il n’a pas souhaité préciser à ce stade combien de rotations l’avion, un Pilatus immatriculé en Allemagne, avait effectuées la veille.
«Notre enquête a pour objectif d’expliquer, d’avoir des réponses en fait à ce qui s’est passé et à la genèse des faits. Et puis si on identifie des responsables, eh bien de les juger. Et le jugement dans ces cas-là est mené (…) devant le tribunal correctionnel de Paris», a précisé le procureur adjoint.
Parallèlement, une enquête de sécurité a démarré, confiée au Bureau enquêtes accidents (BEA) de l’aviation civile. Elle doit déterminer la cause du crash, afin d’«améliorer les procédures, et pour faire en sorte qu’il n’y ait pas d’autres dommages».