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L’élite créative

Comment fallait-il réagir à la grande claque balancée par les électeurs le 7 juin dernier ? Après le référendum et son triple non retentissant, le gouvernement a choisi de poursuivre son chemin sans se retourner sur ce désastre. On entendait dire, pourtant, que rien ne serait plus pareil, qu’il y aurait un avant et un après référendum. Finalement, la cohabitation se poursuit comme à son habitude, de manière plus ou moins cordiale. Le soufflé est retombé, serait-on tenté de dire, au risque de froisser ceux qui s’indignent de l’inertie du gouvernement face à une réalité qu’ils n’acceptent pas pour l’assimiler un peu trop hâtivement à un rejet de l’étranger.

Ce sont bien les 80% de non au droit de vote des étrangers qui ont marqué les esprits. Et plus encore, la réponse du peuple à l’élite, puisque c’est ainsi qu’il fallait comprendre les choses. Il fallait s’inquiéter de la dérisoire influence des syndicats, des médias, du gouvernement bien sûr, de l’Église, du patronat ou encore de la scène culturelle.

Chacun garde en mémoire les débats passionnés autour de la question identitaire qu’a suscités ce référendum. L’identité du pays, c’est précisément ce que cherche à mettre en images ou en slogans le comité Nation Branding qui a au préalable retenu comme valeurs de référence l’ouverture, le dynamisme et la fiabilité. À cet effet, le comité organise un Créathon, un week-end de créativité sur l’identité du Luxembourg auquel sont conviés «artistes, graphistes, designers, cinéastes mais aussi historiens, sociologues, informaticiens, chefs d’entreprise, journalistes, communicateurs, consultants, jeunes talents et citoyens intéressés», précise l’évènement.

En résumé, on y retrouvera une bonne partie de cette élite, ces fameux 20%, qui vont plancher sur la meilleure manière de symboliser la personnalité du Grand-Duché. Comme si de rien n’était. Après tout, ce sont eux qui animent et qui dynamisent ce pays, qui donnent corps aux valeurs qui définissent le pays, selon le comité Nation Branding.

Non, le gouvernement n’a pas jeté un regard sur le spectacle de désolation du 7 juin 2015. Il a poursuivi son chemin, comptant sur toutes les bonnes volontés. Quelle autre réponse fallait-il apporter ?

Geneviève Montaigu (gmontaigu@lequotidien.lu)

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