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Le défi énergétique

Soyons honnêtes, personne n’y fait attention. Dès que l’on envoie un courriel, à chaque fois que l’on surfe sur internet au bureau ou sur son smartphone, dès que l’on s’égare sur un logiciel d’intelligence artificielle, toujours nous pompons de l’énergie sans même nous en rendre compte. Et nous ne parlons pas ici de notre batterie de téléphone portable. Non. Parfois à l’autre bout du monde, des serveurs alimentent notre soif de divertissement en «scrollant» indéfiniment sur certains sites ou applications. Et c’est la batterie énergétique mondiale qui s’épuise sans forcément qu’on puisse la recharger un jour.

Google a annoncé des investissements massifs dans des centres de données en Finlande pour accompagner le déploiement de l’intelligence artificielle. Nous n’en sommes qu’au tout début de cette révolution et les entreprises de la tech, malgré leur greenwashing permanent et leurs discours rassurants, veulent se gaver encore et toujours de nos ressources énergétiques. En Finlande, ces projets, s’ils se concrétisent, contribueront à une hausse de 40 % de la consommation électrique du pays. Ça en fait des éoliennes! Et ce n’est donc qu’une première étape, car cette intelligence artificielle veut conquérir nos vies, privées et professionnelles, afin de transformer nos sociétés. Oui, mais à quel prix? Un site d’intelligence artificielle consomme entre trois et dix fois plus d’électricité qu’une simple recherche sur un moteur de recherche bien connu. En France, on s’alarme déjà de voir que le besoin énergétique des data centers va quadrupler d’ici dix ans pour soutenir cette IA qui, décidément, n’a pas que des avantages.

L’installation de Google à Bissen permet de mettre ce débat sur la table au Grand-Duché. Reste que le problème est mondial et nous fait prendre encore conscience que nos sociétés sont toujours aussi gloutonnes en énergie. On essaye juste de changer de carburant : pas mal de renouvelable, mais quand même une bonne dose de nucléaire… voire d’autres sources un peu plus polluantes et antiques. Une consommation invisible qui est loin d’être en cohérence avec les défis pour protéger nos sociétés d’un réchauffement climatique qui a fait tant de dégâts cet été.

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