Nous ne sommes qu’au mois de septembre et, déjà, la campagne présidentielle française s’est emballée de la plus mauvaise des manières. Mediapart a dévoilé des propos antisémites écrits, selon le journal, par Jordan Bardella.
Ces remarques choquantes et complotistes auraient été tenues en 2013, lorsque l’homme politique était membre du Front national et âgé de 17 à 18 ans. Quelques heures après la divulgation de l’information, le président du Rassemblement national a fermement démenti avoir rédigé ou tenu ces propos.
Son avocat a rapidement porté plainte contre le média. Depuis, les sorties se multiplient d’un côté comme de l’autre. Une chose est certaine : une grande partie de la classe politique est abasourdie par les révélations tombées dimanche.
Il faut dire que Jordan Bardella est considéré comme l’avenir du Rassemblement national. Le trentenaire a pris la place de Marine Le Pen à la tête du parti, avec sa bénédiction, ce n’est pas rien.
Un temps dans la course à la présidentielle à cause des déboires judiciaires de sa marraine, il a fait un pas en arrière lorsque les nuages se sont dissipés pour la fille de Jean-Marie Le Pen. Un verdict plus clément concernant son inéligibilité l’a finalement remise dans la course. Jordan Bardella est alors sagement retourné à sa place quand Marine Le Pen a annoncé sa candidature à l’Élysée.
Il a expliqué qu’il se préparait, dorénavant, à devenir Premier ministre en cas de victoire du Rassemblement national au scrutin prévu l’année prochaine. Un bon petit soldat. Affichant une certaine complicité devant les électeurs, le duo est maintenant frappé par ce séisme. Ce ticket gagnant, qui caracole actuellement en tête des sondages, va assurément subir le contrecoup des informations brûlantes diffusées par Mediapart.
Le ton de la campagne électorale a maintenant changé. Le champ lexical devient militaire, on se prépare à la «guerre», on annonce de nouvelles offensives et des contre-attaques judiciaires pour contester les affirmations des journalistes.
Et Mediapart est désormais la cible d’une violence, pour l’instant verbale, venant d’une extrême droite furieuse que l’on touche à son champion. Il faut tenir, la campagne va être longue.