Accueil | Culture | [Musique] Olivia Rodrigo : chagrin et algorithmes

[Musique] Olivia Rodrigo : chagrin et algorithmes


(Photo : geffen records)

MUSIQUE Tristesse et colère, guitares propres et refrains hurlés en foule, Olivia Rodrigo a fait du journal intime une machine de stade. Avec you seem pretty sad for a girl so in love, son troisième album, même l'amour se performe.

L'arène dans une chambre

Avant d'être une chanteuse pop qui fait hurler les arenas et les festivals, Olivia Rodrigo est un «produit» de la machine à émotions adolescente. Disney d'abord : Bizaardvark (2016-2019), puis High School Musical : The Musical : The Series (2019-2023), où elle joue Nini, lycéenne dont chaque dilemme sentimental renverrait, dans l'idée, à une scène de Broadway. Il y a déjà tout, la caméra, la douleur et la voix qui tremble un peu, mais Rodrigo fait dérailler ce tout. Rodrigo s'inscrit dans une généalogie connue de la pop américaine, de Britney Spears à Miley Cyrus, où l'ancienne enfant-star négocie publiquement sa sortie de l'innocence. Mais là où Britney fut projetée dans une hypersexualisation industrielle, et Cyrus dans une stratégie de rupture spectaculaire avec Disney, avec Rodrigo c'est l'affect qui déborde ; elle ouvre la porte de la chambre pour laisser entrer un peu de désordre.

Piano, cordes, confession romantique, All I Want (2019) reste sage, tout en demandant pourquoi l'amour, censé nous compléter, renvoie à notre insuffisance. Deux ans plus tard, Drivers License répond en grand format. Le contexte amplifie : pandémie, ...


Cet article est réservé aux abonnés.

Pour profiter pleinement de l'ensemble de ses articles, vous propose de découvrir ses offres d'abonnement.



Newsletter du Quotidien

Inscrivez-vous à notre newsletter et recevez tous les jours notre sélection de l'actualité.

En cliquant sur "Je m'inscris" vous acceptez de recevoir les newsletters du Quotidien ainsi que les conditions d'utilisation et la politique de protection des données personnelles conformément au RGPD.