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Caleavefornia dreamin’

« Si Trump était élu, il faudrait peut-être construire un mur autour de la Californie pour se défendre du reste du pays. »

C’est une blague qui remonte à mars dernier. Son auteur n’a pourtant rien d’un rigolo, puisqu’il s’agit du gouverneur californien, Jerry Brown.

Alors que la perspective d’un Donald Trump à la Maison-Blanche paraissait encore inconcevable, la Californie rappelait qu’elle est un État à part. Et que si Trump a le projet fou de construire un mur le long de la frontière mexicaine, la Californie, elle, pourrait bien devenir l’artisan des États «désunis» !

Car l’État le plus peuplé et le plus riche (il pourrait prétendre au rang de 6e puissance mondiale) est aussi le plus avant-gardiste de la cause environnementale. En s’opposant à l’administration Bush sur ces questions, l’ex-gouverneur Arnold Schwarzenegger avait déjà posé les jalons faisant de la Californie le moteur américain du combat écologique.

Mais est-ce que son successeur, Jerry Brown, aura les biceps assez solides pour envoyer valser le climatosceptique et «hydrocarburophile» Trump ?

Début de réponse avec une lettre qu’il vient d’envoyer à Barack Obama, où M. Brown demande au gouvernement de «retirer de façon permanente les eaux fédérales de la côte californienne» des territoires qui feront l’objet de futures autorisations de forage de pétrole et de gaz. Si la lettre est adressée au président sortant, le message est bien entendu pour Trump, qui a promis de lever les barrières à l’exploitation des énergies fossiles, tout en gratifiant le réchauffement climatique de «canular».

Une position qui prouve que Trump, qui s’est déjà fâché avec la Chine avant même d’être à la Maison-Blanche, n’a visiblement pas peur de se brouiller avec le reste du monde qui a signé l’accord de Paris sur le climat.

Donc face à un tel mur, et alors que la Californie vient de signer un accord pour accroître sa production d’énergie renouvelable, le scénario d’une sécession californienne («Calexit», ou «Caleavefornia»), lui, ressemble de moins en moins à un canular…

Romain Van Dyck

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