Après les frappes lors de la guerre entre l’Iran, les États-Unis et Israël, de longues et coûteuses réparations attendent les installations traitant pétrole et gaz.
Par ailleurs, en sept semaines de guerre «le monde a perdu plus de 500 millions de barils» de pétrole, ce qui a «tendu le marché», et les réserves stratégiques des pays importateurs, mises à contribution pendant la crise, devront être réapprovisionnées, souligne Ole Hansen. Selon lui, l’ensemble de ces facteurs pourrait «justifier un nouveau prix plancher pour le pétrole», supérieur de 10 à 15 dollars au plancher d’avant-guerre de 70 dollars le baril, soit 80 à 85 dollars.
Un redémarrage inégal selon les pays
En cas de reprise de la production de pétrole, «environ 70 à 80 % de l’offre pourrait être rétablie en quelques semaines», note Homayoun Falakshahi, analyste chez Kpler. Pour les 20 % restants, les défis du redémarrage sont plus complexes et plus longs. «En Arabie saoudite et aux Émirats arabes unis, ça peut aller à peu près vite : ils peuvent rétablir leur production en quelques semaines», détaille Homayoun Falakshahi.
En Irak et au Koweït, en revanche, un retour à la normale pourrait prendre plusieurs mois, en raison de conditions géologiques différentes, avec des gisements contenant en partie un pétrole plus lourd. Le rétablissement total des capacités de production de l’Iran et du Qatar risque lui d’être bien plus long et pourrait prendre des années.
L’Iran compte «le plus grand nombre d’installations touchées», selon Rystad Energy, qui estime dans son scénario de dommages importants que les coûts de réparation pourraient y atteindre 19 milliards de dollars. Au Qatar, principal exportateur de GNL de la région, ce sont surtout des infrastructures gazières qui ont été touchées.
L’entreprise publique QatarEnergy a indiqué le 20 mars avoir perdu 17 % de ses capacités d’exportation, avec des réparations susceptibles de durer jusqu’à cinq ans après les attaques de missiles contre son complexe de Ras Laffan, plus grand site de production de GNL au monde.