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Liberty Steel Dudelange : «Notre patience arrive à bout»


Pour Franz Fayot, la «priorité absolue» reste la pérennisation de l’activité industrielle et des emplois à Dudelange. (Photo : Didier Sylvestre)

Le ministre de l’Économie, Franz Fayot, veut enfin de la clarté sur l’avenir de l’usine sidérurgique vendue en juillet 2019 par ArcelorMittal.

Passée en juillet 2019 entre les mains de Liberty Steel, l’ancienne Galvalange fait face à un avenir incertain. En cause, le gouffre financier auquel est confronté GFG Alliance, la maison-mère de l’empire sidérurgique détenu par le milliardaire indo-britannique Sanjeev Gupta. Depuis plusieurs mois, des solutions de refinancement sont mises en avant pour pérenniser l’activité du site, mais jusqu’à ce jour, rien de concret n’a été signé. Ce qui commence à agacer le ministre de l’Économie, Franz Fayot, engagé dans un bras de fer avec Liberty Steel et Sanjeev Gupta pour pérenniser l’activité et les emplois basés à Dudelange.

«Notre patience arrive à bout», a-t-il souligné ce mardi à la tribune de la Chambre des députés. Une interpellation de Laurent Mosar (CSV) a permis au ministre socialiste de mettre un nouveau coup de pression sur Sanjeev Gupta. «Nous ne pouvons plus accepter qu’une usine qui, à la base, est profitable tourne au ralenti forcé depuis de longs mois et que des salariés soient contraints au chômage partiel», martèle Franz Fayot. Le chômage partiel est de mise depuis novembre dernier. Actuellement, 85 salariés se trouvent au repos forcé. Seule nouvelle positive : les salaires pour le mois de juin sont garantis.

Un plan B se prépare en coulisses

Depuis lundi, une nouvelle option est sur la table. La presse spécialisée fait état d’un plan de Liberty Steel pour rattacher les usines de Dudelange et Liège, qui forment déjà un binôme de production, à celles du groupe situées en Roumanie et en Italie. «A priori, cette restructuration sonne bien, mais il faut savoir que l’acier qui sera fourni à l’usine de Dudelange sera de moindre qualité», met en garde Laurent Mosar. Le ministre de l’Économie «ne veut pas fermer de portes», d’autant plus que le gouvernement «n’a pas toutes les cartes en main».

En coulisses, un plan B concernant Liberty Steel Dudelange avec le soutien de la Société nationale de crédit et d’investissement (SNCI) et «plusieurs partenaires industriels potentiels» continue à être préparé. Une nationalisation de l’usine, telle que la réclame déi Lénk dans un communiqué diffusé ce mardi, n’est cependant pas encore à l’ordre du jour. «Nous nous préparons pour être parés à toutes les éventualités», concède toutefois Franz Fayot.

Pour l’instant, «aucun signal» ne fait croire que Liberty Steel est disposé à vendre son usine luxembourgeoise, au contraire de ce qui se fait en France ou au Royaume-Uni. Refinancement? Restructuration? Vente? Reprise? Le ministre de l’Économie veut enfin y voir clair. «Les récents développements ne renforcent pas notre confiance en M. Gupta», conclut-il.

David Marques

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