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Une campagne vidéo pour déconstruire les discours complotistes sur internet


Les négationnistes nient ou minimisent l'holocauste (Photo : AFP)

Une vidéo sur le négationnisme, avant d’aborder la théorie du « grand remplacement »: en France, une campagne soutenue par un organisme gouvernemental a été lancée vendredi pour déconstruire les discours complotistes et de haine là où ils prospèrent, sur internet.

Une dizaine de vidéos doivent être produites par l’observatoire Conspiracy Watch via les plateformes de partage et les réseaux sociaux jusqu’en juin dans le cadre de ce partenariat noué avec la délégation interministérielle à la lutte contre le racisme, l’antisémitisme et la haine anti-LGBT (Dilcrah).

« On a souhaité développer des formats courts et percutants. Pour être repris sur internet, il ne faut pas simplement développer une parole institutionnelle, il convient d’avoir les bons outils » à destination des jeunes, a expliqué le préfet Frédéric Potier, qui dirige la Dilcrah.

La première infographie animée, qui présente l’ampleur de la Shoah et évoque sa négation à l’appui d’un commentaire sobre et didactique, a été mise en ligne vendredi, veille de la « journée de la mémoire des génocides et de la prévention des crimes contre l’humanité ».

« En quatre minutes, c’est une gageure, mais cela n’existait pas en français, et nous voulions offrir un contrepoint critique sur le terrain des complotistes, internet », a indiqué le directeur de Conspiracy Watch, Rudy Reichstadt.

Car « le négationnisme, qui pour l’instant ne représente pas grand chose dans l’opinion, a de l’avenir », selon ce responsable associatif. En témoigne la récente étude réalisée par l’Ifop pour son observatoire et la Fondation Jean-Jaurès, selon laquelle si 2% des Français jugent que la Shoah a été « exagérée », cette proportion passe à 8% chez le 18-24 ans, « un écart suffisant pour qu’on puisse s’en inquiéter ».

La vidéo souligne que le négationnisme repose sur quatre piliers: « l’ignorance des documents et témoignages », « la mise en doute des faits », « la falsification des preuves » et « la postulation de l’existence d’un grand complot ».

Des « falsificateurs professionnels » comme Robert Faurisson ont construit un « discours négationniste » aujourd’hui relayé, « sous couvert d’antisionisme », par des polémistes condamnés pour incitation à la haine, tels Dieudonné et Alain Soral, dit le commentaire.

La prévention de la haine sur internet figurera parmi les priorités du plan interministériel de lutte contre le racisme et l’antisémitisme 2018-2020, qui devrait être présenté en mars, selon le préfet Potier.

Le Quotidien/ AFP

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