Avec Confessions II, la reine de la pop, 45 ans de carrière et plus de 400 millions de disques vendus au compteur, montre qu’elle sait toujours y faire. Découverte.
En seize titres, la messe est dite : la reine de la pop, Madonna, a opéré une résurrection avec la sortie de Confessions II, un quinzième album baigné d’électronique avec lequel l’icône américaine réaffirme son statut. Dans cet opus, sorti vendredi, ouvert par un titre mantra (I Feel So Free) et rythmé par des chansons souvent tempo battant et tournées vers les pistes de danse, Madonna démontre de nouveau, à 67 ans, sa capacité à se renouveler. «Tout le monde attendait un album de ballades, Broadway… mais pas du tout!», s’amuse Patrick Thévenin, journaliste aux Inrocks et fin connaisseur de l’artiste.
«Elle continue d’être la femme affranchie qui n’obéit pas au système», poursuit-il. L’artiste a choisi de retrouver le producteur anglais Stuart Price, qu’elle avait déniché pour Confessions on a Dance Floor (2005), son dixième disque au succès mondial porté par Sorry et Hung Up qui reprend le célèbre sample de Gimme! Gimme! Gimme! d’ABBA. Sur la pochette de Confessions II, la star apparaît juchée sur un mur d’enceintes, vêtue d’un ensemble nuisette, bas résille et escarpins vernis violets, tête et buste recouverts d’un long voile évoquant la figure de la Madone.
«Madonna n’est pas interchangeable»
La mise en scène résonne justement avec celle de Confessions on a Dance Floor, où elle était photographiée, 21 ans plus tôt, dans une position similaire, mais tournant le dos à l’objectif. Signé avec la major Warner, l’album n’est toutefois pas qu’une succession de potentiels hits commerciaux. Il glisse en effet vers la pop, se teinte d’accents folk et s’offre même une incartade reggae avec le chanteur colombien Feid. Il renferme un morceau partagé avec sa fille Lola Leon, une collaboration avec le DJ néerlandais Martin Garrix et un duo où la star belge Stromae s’essaie au slam.
Il fallait qu’elle opère un retour important pour récupérer sa place, montrer qui est la boss
Le morceau Danceteria fait, lui, hommage à ce mythique club où Madonna a travaillé, dans le New York des années 1980. Quand elle débarque de son Michigan natal, avec quelques dollars en poche et le désir de percer, elle découvre une certaine violence, mais aussi une culture bouillonnante et des amitiés avec la communauté gay. «Elle a une idée très précise de ce qu’elle veut proposer, et c’est ce qui fait sa force : Madonna n’est pas interchangeable comme d’autres artistes pop», ajoute Patrick Thévenin.
«Elle a toujours été en avance sur son temps musicalement, mais à la fin des années 2000 elle s’est mise à travailler avec des gens à la mode, comme Pharrell Williams, Timbaland, et son aura a un peu diminué», analyse encore Benoît Clerc, auteur de Madonna – La Totale : Les 305 chansons expliquées (Éditions EPA), à paraître en octobre prochain. Ses précédents albums, dont Madame X en 2019, ont de fait moins convaincu. «Il fallait qu’elle opère un retour important pour récupérer sa place, montrer qui est la boss», lance-t-il.
«C’est un modèle pour toutes!»
Les artistes des générations suivantes comme Addison Rae, Dua Lipa et Charli XCX continuent d’admirer l’influence de l’interprète de Like a Virgin et Vogue, dans la musique, la pop culture et la mode. «C’est un modèle pour toutes!», assure Patrick Thévenin. Parmi elles, Sabrina Carpenter chante avec sa légendaire aînée sur Bring Your Love, un titre joué ensemble au festival Coachella, en Californie, lors d’une performance qui a fait le buzz. Puis Madonna a électrisé Times Square à New York début juin, lors d’un miniconcert-surprise pour lancer le Mois des fiertés, célébrations pour les droits LGBT+.
«Il y a une véritable volonté offensive par rapport au dernier album, tout un plan de bataille orchestré : elle ne laisse rien au hasard», résume Benoît Clerc. Pour cette promotion, la star aux racines paternelles italiennes a également fait la une de Vogue Italia, estimant que l’intelligence artificielle était «l’opposé de la création artistique». Championne du monde des charts, Madonna doit se produire à la mi-temps de la finale de la Coupe du monde de football le 19 juillet, aux côtés de Shakira et du groupe BTS. Visionnaire sur le terrain musical et efficace par ses tubes, elle incarne, à sa façon, un intemporel numéro 10 de la chanson.
Confessions II, de Madonna.