Un premier week-end réussi. C’est en tout cas le bilan établi ce lundi matin par les forains de la Schueberfouer, «vraiment contents» de revoir venir «beaucoup de familles» pour ces premiers jours d’ouverture.
Malgré la «petite pluie» de vendredi et samedi soir, les visiteurs étaient au rendez-vous lors de ce premier week-end de festivités à la Schueberfouer. Les forains ont accueilli la presse ce lundi matin avec le sourire, évoquant notamment un retour bienvenu des familles dans les ruelles de la plus grande foire de la Grande Région.
«Ces dernières années, les familles manquaient un peu. Mais là, on voit qu’elles reviennent, on est vraiment contents», commente ainsi Charel Hary, président des forains, qui révèle aussi que bon nombre de visiteurs ont testé la dernière attraction phare de la Schueberfouer : Dr Archibald – Master of Time. Une sorte de train fantôme couplé à de la réalité virtuelle, qui a attiré le plus de personnes ces trois derniers jours.
«La Fouer vit de ça, de ces nouveautés», ajoute le président des forains en souriant. Un renouveau bienvenu pour la profession, qui a énormément souffert depuis la crise du covid en 2020. «La vie est très très dure depuis la pandémie. C’est compliqué de revenir dans le système après ça, mais nous sommes là, pleinement opérationnels et les gens apprécient.» Même si les récentes crises mondiales et leur impact sur le quotidien continuent de créer quelques difficultés…
«Regardez le prix du gasoil : c’est cher, et pourtant, il y a des forains qui viennent du nord de l’Allemagne, du sud de la France… et réussissent à ne pas augmenter les prix sur leurs manèges», détaille Charel Hary.
Pas de hausse sur les manèges
Car malgré l’augmentation de nombreux coûts, les forains assurent ne pas avoir augmenté leurs tarifs entre l’édition 2025 et celle de 2026. Une volonté de préserver l’attractivité de la fête alors que le pouvoir d’achat reste au cœur des préoccupations des visiteurs.
«Il y a des manèges à 5 euros», souligne Charel Hary. D’autres attractions affichent des tarifs supérieurs, mais le président des forains rappelle que la durée des tours est également plus longue. Pour les professionnels, il s’agit donc de maintenir un équilibre entre les coûts auxquels ils sont confrontés et le prix demandé aux clients.
La situation est quelque peu différente du côté de la restauration. Les prix peuvent avoir augmenté, mais les forains ne souhaitent pas généraliser : chaque établissement fixe ses tarifs en fonction de ses propres coûts. «Il faut bien que les gens gagnent leur vie aussi, un minimum», justifie Charel Hary.

Patrick Goldschmidt estime que les prix de la Fouer restent abordables. (Photo : alain rischard)
Le président des forains assume d’ailleurs pleinement l’évolution de l’offre proposée sur le Glacis. La Schueberfouer ne serait plus seulement cette succession de traditionnelles baraques à frites et de stands bon marché qu’elle a pu être autrefois. «La Fouer n’est plus comme avant», reconnaît-il. Les visiteurs disposent désormais d’une véritable offre de restauration, comparable à celle que l’on peut trouver en ville.
«Allez voir les prix en ville, nous ne sommes pas plus chers qu’eux! Donc pourquoi nous devrions baisser nos prix et être moins chers?», lance-t-il. Pour Charel Hary, le principe est désormais celui du choix laissé au consommateur. «C’est au client de faire son choix. Vous pouvez manger de tout, tout dépend des budgets de chacun. Il y a de la bière à 3 euros et de la bière à 10 euros.» Et de résumer : «On essaie toujours d’être raisonnables.»
Un lieu incontournable pour les forains
Malgré ces contraintes, la Schueberfouer conserve une importance économique majeure pour les professionnels. Pour rappel, les forains réalisent entre 50 et 60 % de leur chiffre d’affaires annuel durant les trois semaines de la fête luxembourgeoise.
«La Schueberfouer reste un lieu incontournable pour les forains», insiste Charel Hary. Une importance qui explique aussi pourquoi ils continuent de faire le déplacement depuis plusieurs pays européens, malgré les coûts liés au transport et à l’installation.
Et si la comparaison avec les parcs d’attractions peut sembler naturelle lorsqu’il est question de manèges toujours plus spectaculaires, le président des forains rejette l’analogie. «Une fête comme celle-ci n’a rien à voir avec un parc d’attractions, c’est tout à fait autre chose», estime-t-il. La Schueberfouer repose selon lui autant sur l’expérience collective, la tradition et la restauration que sur les attractions elles-mêmes.
La Ville maintient les prix des emplacements
Du côté de la Ville de Luxembourg, pas question non plus, pour l’instant, de faire peser une charge supplémentaire sur les forains. Patrick Goldschmidt, échevin en charge de la Schueberfouer, rappelle que les prix des emplacements sur le Glacis n’ont pas augmenté depuis… 20 ans.
Une stabilité qui reste un choix assumé. «La situation financière de la Ville le permet», explique-t-il lorsqu’on l’interroge sur le sujet. Augmenter les tarifs d’installation risquerait, de facto, de provoquer une hausse des prix pour les visiteurs. «Si on augmente, les forains augmenteront leurs prix à leur tour et cela aura des répercussions sur les clients», justifie-t-il.
Les emplacements coûtent actuellement environ 1 500 euros pour les trois semaines de la Schueberfouer, tandis que les plus chers peuvent atteindre 2 500 euros. Pas question de revoir ces montants à la hausse dans l’immédiat. «Tant que l’économie luxembourgeoise fonctionne, c’est bon, nous pouvons nous le permettre», assure l’échevin.

L’attraction Dr Archibald – Master of Time, a attiré le plus de monde ce week-end. (Photo : alain rischard)
Sur la question des prix, Patrick Goldschmidt estime que la Schueberfouer reste abordable en comparaison avec d’autres grandes fêtes foraines à l’étranger. Il met également en avant le «pouvoir d’achat assez élevé» au Luxembourg, qui permettrait aux visiteurs de continuer à profiter de l’événement malgré l’inflation et l’augmentation générale du coût de la vie.
Après ce premier week-end encourageant, les forains espèrent donc confirmer cette tendance au cours des prochains jours. Pour eux, le retour des familles constitue déjà un signal positif. Reste désormais à voir si la fréquentation se maintiendra sur l’ensemble des trois semaines, et si les nouveautés parviendront à transformer la curiosité du premier week-end en succès durable.