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[Cinéma] Pierre Coffin, génie espiègle de l’animation


(Photo : illumination/universal pictures)

Il a contribué à placer l’animation française sur la scène internationale : Pierre Coffin, de retour au cinéma avec de nouvelles aventures des Minions, a créé des personnages qui ont conquis le monde et fait la fortune du studio Illumination.

Le troisième film centré sur ces petits êtres jaunes en salopette bleue aussi idiots qu’attachants, Minions & Monsters, sort mercredi au cinéma, avant d’arriver début juillet aux États-Unis. Personnages secondaires de la saga Despicable Me à l’origine, ils ont eu droit à leur propre série à partir de 2015 pour raconter leurs aventures burlesques et anarchiques.

Cette fois, Pierre Coffin, 59 ans, a décidé de les installer dans les années 1920 à Los Angeles, au tout début de l’âge d’or d’Hollywood, où ils vont devenir des vedettes du cinéma muet. «C’est là où le cinéma a explosé, où les plus grandes inventions ont été faites : l’arrivée du son, la couleur qui arrive peu de temps après», relate le réalisateur français. Souvent présenté comme digne héritier de Tex Avery et du slapstick, un comique basé sur des gags visuels, Pierre Coffin considère «le cinéma muet comme la base de notre métier à nous, animateurs». À l’instar de Walt Disney, qui doublait lui-même Mickey Mouse à ses débuts, Pierre Coffin prête aussi sa voix à ses créatures, dont il a inventé le langage, idiome hybride mêlant diverses langues qui a grandement contribué à leur dimension comique.

Voilà une quinzaine d’années qu’il a conquis le monde avec le studio d’animation français Mac Guff, racheté en 2011 par Universal après le succès considérable et inattendu de Despicable Me (2010). «Il a hissé d’un cran l’animation française et lui a permis de s’exporter et d’employer des centaines d’artistes», explique Gersende Bollut, auteur de plusieurs ouvrages sur le cinéma d’animation. Contrairement à d’autres animateurs français comme Michel Ocelot, qui peine à produire ses projets, «Pierre Coffin est intégré à un studio et il dispose de beaucoup de moyens», développe-t-il.

Je suis jaloux de ne pas avoir inventé les Minions

Pete Docter, directeur artistique des studios Pixar

Émanation d’Universal, Illumination est l’un des principaux studios d’animation dans le monde avec Pixar ou DreamWorks, et est derrière d’énormes succès récents comme les longs métrages sur l’univers du héros du jeu vidéo Super Mario, mais aussi les sagas Sing ou The Secret Life of Pets. Les Minions sont d’ailleurs la mascotte officielle du studio, signe de l’influence considérable qu’a eue Pierre Coffin. «Pierre, les Américains lui sont tombés dessus. Ils lui sont même tellement tombés dessus qu’on aurait dû travailler ensemble plus tôt», raconte l’acteur Alexandre Astier, qui prête sa voix à un Minion dans la version française de ce nouveau long métrage et voulait faire appel à lui pour les deux films d’animation Astérix qu’il a réalisés.

Avant de céder aux sirènes américaines, Pierre Coffin, fils d’un diplomate français et d’une écrivaine indonésienne, a été formé aux Gobelins, la meilleure école d’animation française. Après un court passage en Angleterre, dans le studio Amblimation fondé par Steven Spielberg, il revient en France chez Mac Guff et se fait remarquer en créant Dédé, le cochon de La Française des Jeux, ou les fruits de la publicité pour Oasis. La consécration intervient en 2010 avec les aventures de l’antihéros Gru, devenues l’une des sagas les plus lucratives de l’histoire du cinéma d’animation, aux côtés de mastodontes comme Toy Story ou Frozen.

«Je suis jaloux de ne pas avoir inventé les Minions», concède Pete Docter, réalisateur de Monsters Inc. et Inside Out, légende de l’animation et directeur créatif des studios Pixar. «Ils sont tellement géniaux, tellement représentatifs de ce que l’animation fait de mieux. De l’humour à l’état pur.»

Minions & Monsters,
de Pierre Coffin.

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