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[Cinéma] «Karma» : Marion Cotillard face à l’emprise sectaire


(Photo : 2026 iconoclast)

Le réalisateur Guillaume Canet offre un rôle à son ex-femme qu’il place au cœur d’une communauté sous l’emprise d’un gourou. Une nouvelle collaboration qui accouche d’un thriller psychologique à haute intensité.

Avec Karma, présenté hors compétition au dernier festival de Cannes, Guillaume Canet dessine un rôle sur mesure pour Marion Cotillard dans le rôle d’une mère en quête de reconstruction en Espagne avant d’être rattrapée par son passé et sa communauté recluse sous emprise d’un gourou. «J’ai écrit ce film pour toi et tu me l’as bien rendu», a déclaré Guillaume Canet à l’attention de l’actrice, qui a aussi été sa compagne.

L’intrigue débute dans un village du nord de l’Espagne où Jeanne (Marion Cotillard) tente un nouveau départ avec Daniel, qui ne connaît rien de son passé. Un jour, le filleul de cette femme à la santé fragile disparaît mystérieusement. Pour échapper à la police espagnole qui la soupçonne rapidement, Jeanne se réfugie en France dans la communauté dans laquelle elle a grandi avant de la fuir pour échapper au gourou.

Pour appréhender la mécanique sectaire, Marion Cotillard explique s’être plongée dans «des documentaires, des interviews». «Ce qui est fascinant, c’est comment certains arrivent à manipuler des gens qui cherchent juste à être bien. On arrive à cette espèce d’acte de pouvoir et de soif de domination», explique l’actrice. Celui qui domine, c’est le patriarche Marc, à la tête d’une grande famille d’une soixantaine d’adultes et d’enfants qui lui obéissent au doigt et à l’œil.

Ce gourou est magistralement incarné par Denis Ménochet, habitué aux rôles sombres, notamment celui de l’ex-mari violent dans le thriller de Xavier Legrand Jusqu’à la garde. Parlant un anglais impeccable, il a été révélé en 2009 dans Inglourious Basterds de Quentin Tarantino, dans une scène d’ouverture d’anthologie. Le comédien s’est également inspiré de nombreux témoignages de victimes, trouvés sur internet pour comprendre «la dynamique humaine» de l’emprise.

J’ai écrit ce film pour toi et tu me l’as bien rendu

«Ce qui me fascine, c’est qu’à un moment, vous êtes en charge d’une communauté et puis vous basculez dans un délire mystique qui va se transformer en folie», confie l’acteur, qui parvient à transmettre à la fois force et vulnérabilité. Il a été couronné par un Goya en Espagne pour son rôle dans le thriller As bestas. Dans Karma, Denis Ménochet s’est emparé avec jubilation des codes «du méchant». À l’heure où l’intelligence artificielle est au cœur des débats, «l’incarnation humaine est inimitable», estime l’acteur.

«Un cœur qui bat, une respiration ne pourra jamais être remplacée», abonde Marion Cotillard. L’actrice, très proche de ses enfants, choisit soigneusement ses rôles. «Guillaume l’a écrit pour moi», livre la comédienne césarisée et oscarisée, qui avait annoncé l’an dernier sa séparation avec le réalisateur après dix-huit ans de vie commune. Le public avait découvert leur complicité en 2003 dans Jeux d’enfants, film où ils jouent des amis qui se lancent des défis amoureux.

(Photo : 2026 iconoclast)

Longtemps couple médiatique, les deux stars ont travaillé ensemble à de nombreuses reprises. Guillaume Canet met Marion Cotillard en scène dans Les Petits Mouchoirs (2010) et Rock’n Roll (2017). Le film aux cinq millions d’entrées connaîtra une suite avec Nous finirons ensemble. Sur le tournage de Karma, «je suis une actrice face à un metteur en scène que j’admire, face au cadeau magnifique qu’il me fait en écrivant ce rôle. Cela a peu d’importance qu’on soit en couple ou pas», affirme la comédienne.

Guillaume Canet a, de son côté, a confié qu’il avait «vraiment envie de pouvoir être sur un plateau» avec Marion Cotillard, expliquant souhaiter profiter de son «talent exceptionnel» comme «tous les grands metteurs en scène». «J’avais cette frustration d’avoir travaillé avec une actrice que j’estime être une des plus grandes actrices au monde et de ne pas lui avoir offert un grand rôle», a déclare l’acteur-réalisateur de 53 ans, qui n’exclut d’ailleurs pas d’autres collaborations communes. «Rien ne me l’interdit! Je ne vais pas faire des films qu’avec les personnes avec qui je vis, enfin j’espère pas, sinon ce serait inquiétant.»

Karma, de Guillaume Canet. Sortie mercredi.

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