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La Pologne confrontée au «terrorisme de l’intérieur»


Un mémorial improvisé, composé de fleurs et de bougies, s'est formé en hommage aux six victimes et à la quinzaine de blessés. (Photo : afp)

Au lendemain de la tuerie de Cracovie, la Pologne est sous le choc et observe deux jours de deuil national. Le suspect, un jeune homme fasciné par l’extrême droite, fait l’objet d’une enquête pour terrorisme.

Drapeaux en berne, bougies et recueillement : la Pologne en deuil s’est réveillée choquée dimanche, au lendemain de la tuerie perpétrée à Cracovie par un jeune «fasciné» par les idées d’extrême droite, qui a abattu six personnes et en a blessé quinze. Le tueur est soupçonné d’avoir fait au total neuf morts après la découverte de ses parents et de sa sœur, gisant à leur domicile avec des blessures par balles, à deux heures de route de Cracovie.

«Nous avons découvert les corps de trois personnes dans un appartement du centre d’Ostrowiec Swietokrzyski : un homme de 53 ans, et deux femmes de 52 et 21 ans. Il s’agit des parents et de la sœur» de l’auteur, a indiqué la police dans un communiqué dimanche, précisant qu’ils présentaient des plaies par balles».

Le parquet a également annoncé dimanche avoir ouvert une enquête pour acte à «caractère terroriste». La place du marché, au cœur de la vieille ville prisée des touristes, restait interdite aux visiteurs, et ses cafés, restaurants et boutiques de souvenirs gardaient pour la plupart porte close, selon des journalistes de l’AFP. Les enquêteurs refaisaient le parcours du tueur, à la recherche d’indices, de témoignages.

Deux jours de deuil national

Pendant que les enquêteurs refaisaient le parcours du tueur, à la recherche d’indices ou de témoignages au lendemain du drame, des habitants demandaient aux policiers de pouvoir franchir le cordon pour aller déposer une bougie. «Je suis effondrée. Notre ville ne sera jamais plus la même après ce qui est arrivé hier», témoignait auprès Weronika Filar, une employée de 27 ans. «C’est un des endroits les plus sûrs au monde.»

Depuis l’invasion à grande échelle de l’Ukraine par la Russie en 2022, ce pays d’Europe de l’Est de 38 millions d’habitants, ravagé par les nazis pendant la Seconde Guerre mondiale, a retrouvé la guerre à ses frontières. Il est néanmoins réputé sûr et les actes de violence y sont relativement rares, les Polonais n’ayant pas connu pareil massacre de civils depuis la fin du régime communiste (1944-1989).

«Depuis une bonne décennie, on parle de la menace terroriste extérieure. Or, le terrorisme a frappé la Pologne de l’intérieur», constatait dimanche le quotidien de référence Gazeta Wyborcza. Mesure de la tragédie : le clairon sonné chaque heure par les pompiers de garde depuis le clocher de l’église Sainte-Marie, sur la place du marché de Cracovie, n’a pas résonné depuis samedi soir, une première depuis 1939. Deux jours de deuil national ont été décrétés dimanche et ce lundi.

Un tireur aux idées «ultranationalistes»

Le tireur, opéré, restait dimanche matin dans un état critique, selon la porte-parole de la police. Les enquêteurs, convaincus qu’il a agi seul, s’emploient encore à déterminer ses motivations et son profil psychologique. Identifié dans la presse par son prénom et l’initiale de son nom – Michal O., né en 2002, vivait avec ses parents et sa sœur à Ostrowiec Swietokrzyski, ville moyenne située à deux heures de route de Cracovie.

Selon les enquêteurs cités dans la presse polonaise, Michal O. n’avait pas d’antécédents judiciaires. Il était membre, avec son père, d’un club de tir. Le ministre de l’Intérieur a avancé samedi soir l’hypothèse d’un homme sensible aux idées «ultranationalistes». «Tout indique qu’il était fasciné par des idéologies d’extrême droite», a affirmé Marcin Kierwinski.

En tenue militaire, masqué, casqué, porteur d’un gilet tactique, il est sorti de sa voiture armé d’un fusil semi-automatique du type AR-15 et a échangé des tirs avec deux policiers. Les deux agents ont été atteints par ses tirs mais l’un d’eux, malgré ses blessures, est parvenu à le neutraliser.

L’état de santé des 15 personnes hospitalisées pour des blessures par balles s’est légèrement amélioré dans la nuit mais toutes ne sont pas encore hors de danger, selon une porte-parole de la police citée par des médias polonais. Les cinq blessés étrangers sont de nationalité britannique, portugaise, russe, allemande et autrichienne, a indiqué la police dimanche à l’agence PAP.

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