Le réalisateur américain, 79 ans, revient à ses croyances de toujours : celles concernant les extraterrestres. Avec, au bout, toujours la même question : que ferions-nous face à une présence venue de l’espace?
Près de cinquante ans après Close Encounters of the Third Kind (Rencontre du troisième type en VF), Steven Spielberg propose, avec Disclosure Day, un nouveau récit centré sur la rencontre entre l’humanité et une civilisation extraterrestre, un thème cher au réalisateur qui croit en l’existence d’une vie dans l’espace.
D’abord, fait assez rare pour être souligné : Disclosure Day n’est que le quatrième film écrit et réalisé par le cinéaste américain. Auparavant, il y a eu The Fabelmans (2022), long métrage autobiographique sur son enfance, A.I. Artificial Intelligence (2001) et… Close Encounters of the Third Kind (1977), traduisant déjà son obsession pour un potentiel contact entre les humains et une espèce venue d’ailleurs.
Disclosure Day raconte l’histoire d’un lanceur d’alerte (incarné par Josh O’Connor) cherchant à révéler à la face du monde un secret d’État : l’existence des extraterrestres. Une présentatrice météo (Emily Blunt), victime de phénomènes inexpliqués, va alors se retrouver mêlée à cette révélation qui bouleverse les croyances de l’humanité.
«C’est évident qu’il y a un espoir de sa part, qu’au-delà de nous et de la Terre, il existe d’autres possibilités», explique le réalisateur Laurent Bouzereau, proche du cinéaste américain, qui a réalisé de nombreux making-off de ses œuvres. Steven Spielberg, 79 ans, est resté marqué par le spectacle d’une pluie de météores auquel il a assisté dans son enfance en compagnie de son père, au beau milieu d’une nuit d’été.
Des gens ordinaires face à l’extraordinaire
L’idée de Disclosure Day lui est apparue après la lecture d’un article du New York Times publié en 2017, révélant l’existence d’un programme secret du Pentagone chargé d’enquêter sur les ovnis. L’attente autour de ce film est immense, car «il est le cinéaste qui a le plus participé à la construction d’un imaginaire collectif avec les aliens», observe le journaliste Nicolas Schaller, auteur de Spielberg, La Totale.
Il a «révolutionné le genre de la science-fiction», complète le réalisateur Clément Safra, auteur d’un dictionnaire sur l’œuvre de Steven Spielberg. «C’est le premier à avoir imaginé que les extraterrestres puissent venir en paix», ajoute-t-il.
Il y a davantage de vérité que de fiction dans ce film
Dans ce film, l’humanité se retrouve confrontée à des phénomènes paranormaux avant de parvenir à nouer un contact avec ces visiteurs grâce à la musique. «En matière de film d’extraterrestre, Spielberg a réalisé deux classiques et un grand succès», détaille l’écrivain Ian Nathan, auteur de plusieurs livres sur le cinéma, dont un sur Steven Spielberg, à propos notamment d’E.T. The Extra-Terrestrial (1982) et War of the Worlds avec Tom Cruise (2005). Ils font le portrait de gens ordinaires confrontés à l’extraordinaire, avec, comme souvent chez le réalisateur de Jaws, le thème de la famille en toile de fond.
Un «roi» qui ne trône plus au box-office
«Le Spielberg d’aujourd’hui est bien plus conscient du contexte politique», avance encore Ian Nathan. War of the Worlds, sur un père divorcé qui tente de mettre ses deux enfants à l’abri d’une invasion extraterrestre ravageant la Terre, est une métaphore du 11-Septembre, événement qui a marqué le réalisateur. Disclosure Day retravaille, lui, tous les thèmes chers à Steven Spielberg, à savoir l’enfance, la famille, la tolérance et l’émerveillement face à l’inconnu, en y ajoutant des sujets contemporains comme celui du pouvoir grandissant des entreprises privées sur la vie des gens.
Ce retour aux fondamentaux intervient après l’accueil commercial décevant de The Fabelmans et West Side Story. «Ça fait longtemps que Steven Spielberg n’est plus le roi du box-office!», observe Clément Safra. «Le dernier vrai énorme carton de sa carrière, c’est le quatrième Indiana Jones en 2008», poursuit-il. C’est aussi son premier film conçu et présenté comme un blockbuster depuis Ready Player One, sorti en 2018.
Lors de la promotion de son film, le réalisateur américain, monstre sacré du 7e art, s’est montré catégorique à propos de Disclosure Day : «J’ai réalisé avec certitude qu’il y a davantage de vérité que de fiction dans ce film», avant d’ajouter : «Je crois vraiment que ce film va apporter des réponses et vous pousser à vous poser beaucoup de questions.» Racontant se passionner depuis son enfance pour «ce qui se passe dans le ciel la nuit», Steven Spielberg a conclu en disant que «ce film est une aventure, et la seule chose qu’il vous faut pour la suivre de bout en bout, c’est une ceinture de sécurité».
Disclosure Day, de Steven Spielberg.