Godzilla Minus Zero, énième film sur le monstre japonais qui doit sortir début novembre, promet une expérience marquante dans l’Histoire de la franchise. C’est ce que défend son réalisateur Takashi Yamazaki. Rencontre.
Godzilla sera plus proche du public que jamais dans Godzilla Minus Zero, selon son réalisateur Takashi Yamazaki. «Je ne pense pas que nous ayons jamais pu nous approcher autant de Godzilla auparavant», confie le cinéaste japonais. Il promet ainsi que les rugissements du monstre légendaire, ainsi que le bruit tonitruant de ses pas, résonneront dans les salles de cinéma d’une manière inédite. Et ce, grâce aux avancées technologiques en matière de son et d’effets spéciaux.
Pour le réalisateur de Godzilla Minus One, le premier volet récompensé par l’Oscar des meilleurs effets spéciaux, les salles de cinéma sont l’habitat naturel du monstre japonais. Avec cette suite à grand spectacle, Takashi Yamazaki prend son rôle très au sérieux. «Il nous incombe en partie, à nous, les cinéastes, de créer constamment de nouvelles expériences et de donner aux gens des raisons de vouloir aller au cinéma et d’y passer du temps», estime-t-il encore.
Dépasser le précédent volet
Le film, dont la sortie est prévue le 4 novembre aux États-Unis, est porté par les acteurs Ryunosuke Kamiki et Minami Hamabe, et se déroule en 1949, deux ans après les événements de Minus One. La production est centrée sur la famille Shikishima qui, «au début du film, est vraiment heureuse», selon Takashi Yamazaki. «Ils ont enfin trouvé un équilibre familial. Puis, une fois de plus, ils sont confrontés à un désespoir total et à une tragédie horrible», raconte-t-il.
Je ne me doutais pas que je nourrissais mon ennemi
Selon le réalisateur, le public devrait s’identifier à l’effort colossal des personnages pour trouver la force de se remettre d’une telle épreuve et la volonté de continuer à vivre. Réaliser une suite a en tout cas poussé le cinéaste de 61 ans à tenter de se surpasser. Le premier volet a «été très acclamé et est devenu l’un des films Godzilla les plus appréciés de tous les temps», rappelle-t-il. «Ce point de comparaison est devenu un nouvel obstacle. Je ne me doutais pas que je nourrissais mon ennemi.»
Une bête taillée pour le cinéma
Ce nouveau film lui a permis d’expérimenter des choses nouvelles. «Je n’ai pas pu tout faire avec Godzilla Minus One», confie encore Takashi Yamazaki. «L’un de mes nouveaux défis est donc de mettre à l’écran des images et des effets visuels que personne n’a jamais vus auparavant dans un film de kaiju» – genre typiquement japonais construit autour de monstres colossaux. Dans la bande-annonce déjà disponible, on voit Godzilla face à face avec la statue de la Liberté à New York.
L’image a fait sensation sur la toile, mais Takashi Yamazaki a précisé que «le film mettra beaucoup plus le Japon en avant que ce que les gens imaginent». «Cette scène est très importante pour le personnage du film, et elle est logiquement impressionnante», a-t-il ajouté. Cependant, «l’accent a été mis sur l’histoire et sur la recherche de ce qui était le mieux pour le récit». À l’ère du streaming, Takashi Yamazaki croit encore que Godzilla n’est véritablement chez lui qu’au cinéma, lorsqu’il se dresse, haut de plusieurs mètres, sur un écran géant. Cette créature mythique «a vraiment besoin de s’appuyer sur certaines expériences que l’on ne peut vivre qu’à l’intérieur des salles de cinéma», insiste-t-il.
Godzilla Minus Zero, de Takashi Yamazaki.
En salles le 4 novembre.
Plus vieux que James Bond
Godzilla, monstre amphibie préhistorique qui mute et se réveille à cause d’essais nucléaires dans le Pacifique, avant d’attaquer le Japon (une référence à l’histoire traumatique de l’archipel, bombardé lors de la Seconde Guerre mondiale), est apparu sur les écrans le 3 novembre 1954 avec le film d’Ishiro Honda. Depuis, la créature imaginée par le studio Toho a enfanté une franchise qui compte près de 40 longs métrages et des centaines de dessins animés, ainsi que des séries et des bandes-dessinées.
«C’est la plus longue franchise de films de l’histoire du cinéma qui se concentre sur un seul personnage continu», souligne Steve Ryfle, coauteur du livre Godzilla : The First 70 Years, sorti en 2025. «Elle existe depuis plus longtemps que James Bond», insiste-t-il. L’espion britannique imaginé a vu le jour en 1953 dans les livres de Ian Fleming, mais ses aventures n’ont en effet été adaptées à l’écran qu’à partir de 1964. Pour lui, la clé de la longévité du personnage tient dans le fait qu’il a constamment évolué, tout en restant fidèle à ses origines.
«Godzilla a été sérieux, effrayant, héroïque, drôle. Mais en même temps, c’est un personnage ancré dans quelque chose de réel», retrace-t-il. «C’est le traumatisme que le Japon a vécu, tant pendant la Seconde Guerre mondiale que dans les conséquences de celle-ci», surtout à la suite de Hiroshima et Nagasaki. Ishiro Honda, le réalisateur du film originel, était un vétéran qui souhaitait délivrer un message contre la guerre et en particulier contre les armes nucléaires, rappelle-t-il.