Accueil | Coupe du monde 2022 | [Mondial-2022] Avec le hors-jeu semi-automatique, les robots à la rescousse

[Mondial-2022] Avec le hors-jeu semi-automatique, les robots à la rescousse


Avec ce système, le but de Kylian Mbappé en octobre 2021 aurait-il été aussi controversé ? (photo AFP)

Quatre ans après l’arrivée de l’assistance vidéo à l’arbitrage (VAR) au Mondial russe, les amoureux du ballon rond découvriront au Qatar une nouvelle innovation, le hors-jeu semi-automatique, censé accélérer et fiabiliser les décisions arbitrales.

L’avènement de cet outil lors du Mondial-2022 (20 novembre-18 décembre) s’annonce plus discret que celui de l’assistance vidéo, son rectangle mimé par l’arbitre central, ses minutes de suspense coupant les rencontres et ses controverses sur les penalties trop généreux.

Mais la FIFA poursuit la même logique, celle du recours croissant à la technologie dans le football de haut niveau, engagé lors du Mondial-2014 au Brésil avec la vérification du franchissement de la ligne de but.

Fruit de « trois années de recherches et de tests », expérimentée lors de la Coupe arabe fin 2021 puis pendant le Mondial des clubs, la « technologie semi-automatisée du hors-jeu » (SAOT) a été validée par l’instance mondiale début juillet.

L’idée, reprise cette saison par l’UEFA en Ligue des champions, est de repousser les limites de l’œil humain, trop imprécis pour établir à tout moment la position des joueurs et du ballon, donc déterminer finement une ligne de hors-jeu.

Pas un « hors-jeu robotisé » 

« Nous savons que, parfois, le processus de vérification d’un éventuel hors-jeu prend trop de temps, surtout lorsque cela se joue à quelques centimètres », soulignait début juillet l’Italien Pierluigi Collina, président de la commission des arbitres de la FIFA. Et si le SAOT devrait « permettre des décisions plus rapides et plus précises », promet l’arbitre de la finale du Mondial-2002, « ce n’est cependant pas un ‘hors-jeu robotisé’. La décision finale reviendra toujours aux arbitres et aux arbitres assistants sur le terrain. »

Au Qatar, ce système utilisera douze caméras placées sous le toit des stades, et contrôlera « jusqu’à 29 points de données » par joueur « 50 fois par seconde », dont « les extrémités et membres pertinents pour l’analyse des situations de hors-jeu », détaillait l’instance en juillet.

Comme tout dépend du moment exact où le ballon est joué, un capteur placé au centre de « l’Al Rihla », le ballon officiel, enverra des données « 500 fois par seconde » à la salle de visionnage, déclenchant un processus en deux temps.

D’abord, avec l’aide d’une intelligence artificielle, une alerte sera transmise « en temps réel » aux arbitres vidéo « à chaque fois que le ballon est reçu par un attaquant qui se trouvait en position de hors-jeu » au moment de la passe. Ils devront ensuite « vérifier manuellement » cette alerte, ce qui ne devrait prendre que quelques secondes, avant d’en informer l’arbitre central, auquel reviendra la décision finale.

L’exemple de Mbappé 

Une fois le hors-jeu confirmé, les mêmes données positionnelles seront transposées dans une animation 3D « détaillant la position des membres des joueurs au moment où le ballon a été joué », diffusée « sous le meilleur angle possible » sur les écrans géants du stade et mise à disposition des diffuseurs.

Impossible, cependant, d’espérer automatiser totalement la détection des hors-jeu et éliminer les polémiques : une fois la position des joueurs prise en compte, il reste à apprécier si un adversaire a pu toucher intentionnellement la balle.

La validation du but controversé de Kylian Mbappé en octobre 2021, lors de la victoire de la France face à l’Espagne en finale de Ligue des nations (2-1), en avait fourni un bon exemple : l’attaquant des Bleus, pourtant plus proche du but que l’Espagnol Eric Garcia, avait été « remis en jeu » par la tentative d’interception du défenseur catalan.

L’UEFA s’en était même émue après coup en jugeant la décision « correcte » mais contraire « à l’esprit du jeu », et avait appelé à réécrire la règle édictée par l’International Board (IFAB), gardien des lois du football, un chantier toujours en suspens.

 

PUBLIER UN COMMENTAIRE

*

Votre adresse email ne sera pas publiée. Vos données sont recueillies conformément à la législation en vigueur sur la Protection des données personnelles. Pour en savoir sur notre politique de protection des données personnelles, cliquez-ici.