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Gérard Lopez : « Il n’y a pas de jeu de cache-cache » dans le rachat du LOSC [interview]


photo archives Julien Garroy

« Le budget sera revu à la hausse, à la hauteur de nos ambitions »: sans donner de chiffres pour éviter un « effet d’annonce », le futur repreneur de Lille Gérard Lopez confie son objectif de « titiller » les meilleures équipes de Ligue 1.

« Il n’y a pas de jeu de cache-cache, on ne parle pas de transaction opaque », assure l’homme d’affaires hispano-luxembourgeois, qui s’exprime pour la première fois depuis que Médiapart, France 3 et Mediacités ont qualifié « de troubles » ses montages financiers. Son état major passera mercredi devant le gendarme financier du foot français.

Le rachat du Losc est-il officiel ?

« Il n’est pas encore officiel, mais il le sera tel que prévu, c’est-à-dire d’ici vendredi. Le rachat des actions est signé depuis longtemps, il reste juste quelques détails entre M. Seydoux et moi, de simples papiers. »

Doit-il intervenir avant l’audition mercredi matin devant la DNCG, le gendarme financier du foot français ?

« La DNCG ne pose pas de problème, elle ne complique pas la chose. Il faut avoir tout le reste en règle et pouvoir répondre à toutes les interrogations. L’officialisation interviendra peut-être avant, mais elle n’est pas indispensable. »

Serez-vous présent à cette audition ?

« Non car j’ai déjà eu l’occasion de rencontrer la DNCG. Ce sont ceux qui travaillent au jour le jour au club qui iront, notamment Marc Ingla (ex-membre de la direction du FC Barcelone), le nouveau directeur général. »

Quel sera le rôle exact de Marc Ingla et aura-t-il d’autres activités ?

« Marc Ingla va gérer le Losc au quotidien et ce sera sa seule activité. Il sera le visage du Losc et va notamment parler à la presse. »

Luis Campos, ex-conseiller sportif de Monaco, va-t-il intégrer le Losc ?

« Il ne sera pas salarié du club, mais il va aider le staff. Il va structurer le mercato et mettre à disposition son réseau pour le bien du club. Pour être plus efficace, je pense qu’il faut avoir un certain retrait. »

À quelle fréquence viendrez-vous à Lille et quel sera le prochain match auquel vous assisterez ?

« Au gré de ce qui se présente. C’est quasiment comme si j’étais l’employé de Marc Ingla et Luis Campos: au besoin ils pourront faire appel à moi, mais je fais confiance aux gens en place. Pour ma prochaine venue, ça peut intervenir assez rapidement, mais sans savoir exactement quand. »

Passerez-vous dans le vestiaire à cette occasion ?

« Oui, si ça n’influence pas la concentration des joueurs. Je ne recherche pas à être hyper présent. Si dans les moments-clé mon passage apporte une valeur ajoutée, je viendrais. »

Combien de joueurs comptez-vous recruter au mercato hivernal ?

« On ne va pas bouleverser l’équilibre en place. On va recruter deux à quatre joueurs. Aucun recrutement ne sera fait avant mercredi car la DNCG doit d’abord donner son accord. On préfère attendre pour faire signer un joueur qui rentre pleinement dans le projet plutôt que recruter pour recruter. »

Avez-vous parlé à Marcelo Bielsa depuis votre conférence de presse de vendredi ?

« Oui je l’ai eu au téléphone, mais pas seulement pour parler du Losc. Marcelo est une option parmi d’autres pour le poste d’entraîneur car j’aime son jeu. J’aime le spectacle, le football total incarné par Johann Cruyff, aussi bien comme joueur que comme entraîneur du Barça, mon club de coeur. Mais pour l’instant Patrick Collot fait du bon boulot donc il n’y a pas urgence. »

Combien vous a coûté le Losc et combien comptez-vous investir ?

« L’enveloppe globale tourne autour de 80 millions d’euros. Pour les futurs investissements, je ne veux pas donner de chiffres et faire un effet d’annonce. La gestion sera +seydousienne+, en bon père de famille. Mais le budget sera revu à la hausse, à la hauteur de nos ambitions. »

Pensez-vous pouvoir concurrencer les meilleures équipes françaises d’ici deux saisons ?

« Oui, même si le PSG sera toujours un peu au-dessus car c’est une des meilleures équipes européennes. Toutefois, dans une saison serrée, on pourrait les titiller. »

Qu’est-ce qui a fait la différence entre le succès du rachat du Losc et l’échec de celui de Marseille ?

« Le problème n’était pas le prix ou la méthode de paiement. Quelques demandes ne correspondaient pas à la façon dont on voulait détenir le club. »

Le fait que Margarita Louis-Dreyfus veuille garder 5% des parts pour son fils Kyril en fait partie ?

« Oui car nous voulions racheter plus de 95% des parts et on ne pouvait pas les atteindre avec cette demande. »

Où sera basée la société qui va racheter le Losc ?

« Pour éviter les problèmes, on a créé une société française qui va détenir le Losc. Toutes les parts de cette société seront détenues par Victory Soccer, société basée à Londres qui m’appartient à 100%. »

Pourquoi le montage financier est-il réalisé via des sociétés basées dans des paradis fiscaux ?

« Le Luxembourg a des accords avec Hong-Kong, donc c’est banal pour un Luxembourgeois d’y posséder des sociétés. Et avoir un pied en Asie fait sens car ça peut permettre de trouver des sponsors pour le Losc. Pour racheter un club, c’est très compliqué donc si les structures compétentes n’y voient pas d’inconvénients, il n’y a pas de raison de faire autrement. Il n’y a pas de jeu de cache-cache, on ne parle pas de transaction opaque. Je ne suis pas imposé en France donc je n’ai rien à y gagner ».

Nicolas Blasquez / AFP

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