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Une nouvelle stratégie vers le «zéro déchet»


De g. à d. : Anne Majerus, Serge Wilmes et Paul Rasqué ont présenté un plan avec des objectifs et mesures pour 2030. (Photo : fabrizio pizzolante)

La révision du Plan national de gestion des déchets et des ressources présentée vendredi mise sur une économie plus circulaire, tout en réduisant la production de déchets à la source et en améliorant le tri.

Le meilleur déchet, c’est celui que l’on ne produit pas. Le second, c’est celui qui retrouve une nouvelle vie. Voici le credo de la troisième révision du Plan national de gestion des déchets et des ressources (PNGDR) présentée vendredi par le ministre de l’Environnement, Serge Wilmes, accompagné de Paul Rasqué, chargé de la direction Ressources et pollution au ministère, et d’Anne Majerus, directrice adjointe de l’administration de l’Environnement. Ce document technique très dense, composé de 22 champs d’action, 86 objectifs stratégiques et 328 mesures individuelles, repose sur un défi ambitieux : transformer les déchets en ressources.

Le PNGDR, qui s’inscrit dans l’Agenda 2030 pour le développement durable, s’inscrit dans une réalité nationale particulière. Pour les déchets ménagers, le Luxembourg est en effet le troisième plus gros producteur d’Europe selon des chiffres de 2022, avec une quantité annuelle par habitant de 721 kg, juste derrière la Norvège (768 kg) et le Danemark (787 kg). Néanmoins, ce ratio descend jusqu’à 498 kg par habitant sans les 221 237 frontaliers nets recensés il y a quatre ans.

72 % d’erreurs dans une poubelle

Quel que soit le mode de calcul du chiffre de la production d’ordures, l’objectif est de le réduire mais aussi de mieux jeter. Selon une moyenne calculée par le PNGDR, 72 % d’une poubelle noire, dont le contenu n’est pas recyclé, devrait être jeté dans d’autres poubelles.

La prévention et la sensibilisation sont donc deux piliers du plan qui prévoit, entre autres, le développement de l’application «Mäin Offall Meng Ressourcen», de mieux guider les nouveaux résidents ou de développer les infrastructures de collecte séparée. Des mesures plus fortes sont aussi prévues, telles que l’application de taxes communales plus la poubelle noire est mal triée et donc lourde, ainsi que la fin annoncée des décharges pour les ordures ménagères à partir du 1er janvier 2030.

Parmi les mauvais comportements qui remplissent les poubelles se trouve notamment le fléau du gaspillage alimentaire. En 2023, 77 015 tonnes d’aliments ont été jetées, dont 57,5 % proviennent des ménages, loin devant la transformation et fabrication (15,9 %), les commerces de détail (9 %) et la restauration (8,4 %). L’objectif affiché d’ici 2030 est de réduire de 10 % les déchets de la transformation et fabrication et de 30 % pour la distribution et consommation.

Pour ce faire, le plan prévoit diverses mesures : permettre un tri des biodéchets sur 100 % du territoire national, établir des plans de prévention dans les supermarchés d’au moins 400 m2, développer des circuits de collecte d’invendus frais auprès des professionnels, appliquer le principe du pollueur-payeur.

Le gaspillage textile visé

Pour la première fois, le plan consacre désormais un chapitre entier aux textiles dont 7 785 tonnes ont été jetées en 2024. La mode jetable est notamment dans le collimateur du PNGDR qui souhaite lancer dès avril 2028 la directive européenne de la «Responsabilité élargie du producteur» qui oblige les fabricants à prendre en charge financièrement la fin de vie de leurs vêtements.

D’ici là, l’enjeu est de garantir la gestion de la collecte séparée par les communes et de promouvoir la réparation et le réemploi en soutenant des initiatives locales. L’idée est d’ailleurs d’intégrer les espaces de réparation directement dans les centres de ressources, actuels parcs de recyclage. En 2022, 548 tonnes d’objets ont déjà été collectées pour le réemploi dans ces centres, prouvant que le réflexe de la seconde main s’installe.

Le réemploi est aussi la devise pour des déchets que l’on ne retrouve pas dans les poubelles mais qui pèse lourd dans la balance : ceux de la construction et de déconstruction. Selon les chiffres, 9 millions de tonnes de déchets inertes et 1 million de tonnes de déchets de construction sont, en moyenne, produits chaque année. Pour ce domaine, l’objectif est double, puisqu’il s’agit de préserver les terres d’excavation mais aussi de systématiser la collecte séparée pour garantir une valorisation de haute qualité.

Pour y parvenir, le PNGDR mise sur le réemploi des matériaux via des normes et outils nationaux, comme les clauses techniques générales, et le soutien à des infrastructures innovantes à l’image de la plateforme de réemploi pour la construction de Wiltz.

 

 

 

 

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