Victimes des inondations en 2021, le pavillon Rococo et le parc, emblèmes de la ville d’Echternach, ont retrouvé leur splendeur grâce à l’Institut national pour le patrimoine architectural.
À la frontière avec l’Allemagne, niché entre la Sûre et l’abbaye d’Echternach, le pavillon Rococo se dresse face à nous, quasiment flambant neuf. «Les rénovations se sont achevées cette année», explique la bourgmestre Carole Hartmann, dans le cadre de la randonnée touristique et culturelle du ministre Eric Thill.
Le bâtiment et le parc avaient été gravement endommagés par les inondations survenues en 2021. Elles avaient provoqué d’importants dégâts des eaux à l’intérieur du pavillon. Une analyse plus approfondie en 2022 avait révélé un état de dégradation avancé des ardoises.
Datant de la seconde moitié du XVIIIe siècle, le pavillon Rococo n’en est pas à son premier coup de neuf : partiellement détruit lors de la Seconde Guerre mondiale, il avait été ensuite reconstruit, tandis que d’autres travaux, notamment des opérations d’entretien, avaient été réalisés entre 2017 et 2020 pour assurer l’étanchéité du toit.
Préserver ce symbole d’Echternach
«C’est un immeuble assez unique au Luxembourg, donc si on ne le conserve pas, on n’a pas compris notre mission», résume Patrick Sanavia, le directeur de l’Institut national pour le patrimoine architectural (INPA), l’organisme public chargé de protéger et gérer le patrimoine.
Le pavillon et le parc, au même titre que l’abbaye, ont toujours incarné des symboles d’Echternach. Leur préservation apparaît donc comme essentielle. «Ce sont des lieux très importants pour la population et pour la région du Mullerthal», poursuit la bourgmestre.
D’autant plus que le pavillon est un joyau architectural. «C’est un bijou de l’époque rococo (NDLR : genre artistique né au début du XVIIIᵉ siècle, dérivé du baroque), donc c’est très rare pour le Luxembourg comme pour la Grande Région», ajoute le directeur de l’INPA.
Des travaux dehors et dedans
Pour redonner toute sa superbe au monument historique, la toiture a été refaite. «Il y a quelques années, on lui a donné une couleur qui était celle de l’époque», explique Patrick Sanavia.
Et l’intérieur également : le projet a débuté par une modernisation complète des installations techniques, les réseaux sanitaires et électriques ont été renouvelés et un système de chauffage plus performant a été installé.
«Avant, le pavillon en lui-même ne servait pas à grand-chose. Il y avait un musée, mais il a fermé», développe Patrick Sanavia. «Désormais, on s’est dit qu’il pourrait servir pour des petites manifestations, des activités ou des cérémonies.»
Des chaises, une table de réception et un bar sont disponibles. Cependant, pas question d’y faire n’importe quoi, le monument étant classé comme patrimoine culturel national, et dans un parc protégé de surcroît.
Si le parc et le pavillon ont retrouvé leur éclat d’antan, les rénovations ne sont pas terminées pour autant. «On va faire des travaux qui ne se voient pas, on va essayer de réaménager les bosquets, mettre de petites lumières, des bancs, pour que les gens puissent rester là pour boire un verre ou lire un livre par exemple», conclut le directeur de l’INPA.