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Suspecté de trois vols avec effraction, Afif surprend les juges


Les versions des deux prévenus n'ont ni queue ni tête. (Photo : archives editpress)

Le prévenu prétend ne jamais avoir eu l’intention de voler quoi que ce soit. Il est pourtant accusé de trois vols à trois endroits différents. Ses justifications ont de quoi surprendre.

Pierre et sa sœur étaient en train de vider la maison de leurs parents dans le but de la mettre en vente. En se rendant sur les lieux pour poursuivre cette tâche, Pierre constate que quelque chose cloche. Le 18 mars 2025, la police retrouve Afif dans la maison. Les volets que Pierre avait ouverts étaient fermés, de même qu’une porte dans la cave et la serrure de la porte d’entrée de la maison était bloquée.

«J’avais consommé un mélange de médicaments. J’étais K.-O. Je suis monté dans un bus, je ne savais pas où j’étais», rapporte le jeune homme sans domicile fixe de 20 ans. Il affirme ne pas avoir eu l’intention de commettre de vol. «Vous avez empoché des objets identifiés comme ayant appartenu aux parents du témoin», souligne le juge.

Christian et sa compagne ont été réveillés à 5 h 30 du matin par du bruit. «J’ai crié : « Il y a quelqu’un? » Je suis descendu et j’ai vu une ombre», rapporte le témoin. Il accuse Afif de lui avoir volé une montre de luxe – qui n’a pas été retrouvée -, des vêtements neufs, son smartphone et ses écouteurs sans fil. «Je les ai géolocalisés à Luxembourg-Ville.» Pendant quatre heures, Christian et la police les suivent à travers toute la capitale, finissant par les retrouver sur le prévenu. 

Celui-ci prétend avoir acheté le lot, à l’exception du smartphone, auprès d’un receleur à la gare. Le fait que l’un de ses compagnons était en possession de ce dernier tiendrait du hasard. «Il avait les étiquettes, c’était une bonne affaire», lance-t-il au président, qui n’est pas dupe. «Toutes les boutiques ferment à la gare, même la boucherie, et maintenant, les affaires se font dans la rue. Je devrais peut-être aller y faire un tour», lance le magistrat, amusé. «Le vendeur était un toxicomane en manque», glisse le jeune homme. «C’était le toxicomane le plus bête du monde. Il achète des vêtements de marque au lieu d’acheter des stupéfiants pour les revendre ensuite», résume le juge avant de passer à la troisième affaire.

Le 28 décembre 2025, Afif aurait volé différents objets dans un restaurant de Leudelange. Il s’y serait réfugié pour se protéger du froid. «Je me suis appuyé contre la porte et elle s’est ouverte», raconte le jeune homme. Ensuite, il aurait rempli un sac avec divers objets avant l’arrivée de la police qu’il aurait accueillie avec un cône de chantier lancé à la tête de l’un des agents. «Je n’avais pas l’intention de voler», affirme le jeune homme. «C’est pour cette raison que vous avez trois dossiers pour vol et que vous avez été condamné pour un fait de vol le 8 mai 2025», constate le président.

La représentante du ministère public a estimé que les faits étaient suffisamment établis pour pouvoir retenir les différents vols avec effraction et le recel. Elle a requis une peine de prison de 36 mois à son encontre.

À minuit en gare de Differdange

Il scrolle, il scrolle, il scrolle sur son smartphone pour retrouver une conversation et le président de la 7e chambre correctionnelle du tribunal d’arrondissement de Luxembourg s’impatiente. La maman du jeune homme de 22 ans s’en mêle et veut parler à sa place. Le juge menace de faire évacuer la salle si la famille d’Abdoullah ne se calme pas. 

Le témoin, également victime présumée, accuse Mohamad et deux de ses amis de l’avoir roué de coups de genou et de poing dans la nuit du 2 juillet 2025 en gare de Differdange, lui endommageant ses écouteurs au passage. «Je n’étais pas venu pour me battre. Il avait un couteau. Je n’ai fait que me défendre. Son frère et lui viennent me provoquer devant mon foyer en faisant des drifts avec leur voiture», indique le prévenu. «Je l’ai frappé quand il a sorti son couteau. Mes deux amis n’ont pas bougé. Ils peuvent en témoigner.»

Le prévenu explique avoir voulu prendre la défense de son petit frère mineur constamment provoqué par Abdoullah. La victime présumée accuse le prévenu et son frère de harcèlement et leurs amis d’avoir battu sa mère. Mohamad serait un menteur, accuse la victime présumée, dont la mère interrompt une nouvelle fois le juge pour ajouter son grain de sel. 

«Vous auriez dû prendre la fuite au lieu de rester. D’autant plus que, sauf erreur de ma part, la police n’a pas retrouvé de couteau», rappelle le juge à Mohamad. Le prévenu indique avoir préféré privilégier le dialogue avec la famille de sa victime présumée plutôt que de faire intervenir la justice. «Je suis allé parler à sa famille, mais elle n’a rien voulu savoir. Nous nous sommes donc fixé rendez-vous pour en parler face à face», ajoute le prévenu. «Un rendez-vous à minuit à la gare de Differdange, ça n’augure rien de bon», conclut le président. 

La représentante du parquet ne croit pas à la thèse du couteau. Les coups ne seraient pas proportionnels à la menace par arme. Elle a requis une peine de 15 mois de prison et une amende pour coups et blessures ayant entraîné une incapacité de travail de 8 jours.

Les prononcés sont fixés au 18 juin prochain.

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