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Roberto Traversini reconnu coupable de détournement de fonds publics


En janvier dernier, Roberto Traversini avait juré avoir agi avec pragmatisme dans l’intérêt de la collectivité. (Photo : Julien Garroy)

L’ancien bourgmestre de Differdange a tiré avantage de sa fonction pour son intérêt privé en effectuant des travaux, entre 2016 et 2019, sur des biens immobiliers reçus en héritage.

La 7e chambre correctionnelle du tribunal d’arrondissement de Luxembourg a condamné Roberto Traversini à une peine de 3 ans de prison assortie du sursis intégral, ainsi qu’à une amende de 10 000 euros et à des interdictions de 5 ans du vote passif et du droit à remplir un emploi, une fonction ou un office publics. Son épouse écope d’une amende de 5 000 euros et un collaborateur du service technique de la commune est acquitté.

«Le tribunal a réduit la peine de Roberto Traversini au minimum légal», a commenté Me Rosario Grasso, son avocat. «Dans l’immédiat, nous pouvons déduire que nous n’avons pas été acquittés sur le faux commis en sa qualité de fonctionnaire public, alors que j’avais plaidé l’acquittement sur ce point.» Ce crime est puni de peines de réclusion de 10 à 15 ans. Dans cette affaire, il a été décriminalisé, mais Roberto Traversini encourrait tout de même une peine de 3 à 5 ans de prison.

«Nous pourrons comprendre la réflexion du tribunal en analysant le jugement dans les prochains jours. Cela nous permettra de décider si nous faisons ou non appel de ce jugement», a poursuivi l’avocat. «Pour le moment, nous devons vivre avec ce jugement. Nous avons été acquittés sur un certain nombre de points, ce qui est positif.»

Cette condamnation empêche cependant un éventuel retour en politique de l’ancien membre de déi gréng. «Les juges l’ont interrogé sur ses intentions et il a répondu qu’il ne l’envisageait pas. Je lui ai expliqué que dans ce genre d’affaires, l’interdiction de revêtir des mandats politiques électifs était une conséquence normale», répond Me Grasso à la place de son client qui a quitté le tribunal quelques instants après le verdict.

Me Pietropaolo, l’avocat de l’épouse de Roberto Traversini, avait également plaidé en faveur de l’acquittement. «Nous restons convaincus de ne pas avoir commis d’infraction.» Lui aussi souhaite prendre connaissance de la réflexion des juges avant de décider de la suite judiciaire à lui donner. «L’amende est élevée. Elle aura un impact  sur la situation de ma cliente», note-t-il, désireux de ne rien précipiter pour l’instant. Une amende pour ce type d’infraction peut être inscrite à son casier judiciaire et ne pas être sans conséquence. Le couple a 40 jours pour faire appel.

«Le code pénal est le code pénal»

En janvier dernier, Roberto Traversini avait juré avoir agi avec pragmatisme dans l’intérêt de la collectivité et dans sa fonction de bourgmestre. Pas intentionnellement. Il réclamait l’acquittement pour les infractions reprochées qui ont eu lieu entre novembre 2016 et juillet 2019. «Roberto Traversini reconnaît avoir commis des erreurs. Cela ne signifie pas pour autant que ces erreurs peuvent être considérées comme telles sur le plan pénal. Ce sont des erreurs morales et politiques», avait précisé Me Grasso en préambule de sa plaidoirie.

Le parquet avait conclu au conflit d’intérêts, à la prise illégale d’intérêts, au détournement de fonds publics, au blanchiment et au faux par un fonctionnaire à son encontre. Trop de pragmatisme tue le pragmatisme et pousse à la faute, selon le magistrat qui avait reconnu comprendre les intentions du prévenu, mais «le code pénal est le code pénal». Son représentant avait requis une peine de 4 ans de réclusion assortie du sursis intégral ainsi qu’une amende. À cela s’ajoutent des interdictions de 5 ans du vote passif et du droit à remplir un emploi, une fonction ou un office public.

Le magistrat avait requis l’acquittement du chef de service, n’ayant rien à lui reprocher. Quant à la compagne de Roberto Traversini, elle encourrait une amende pour recel. Le parquet n’a pas retenu la complicité dans leur chef.

Roberto Traversini avait démissionné de ses mandats politiques quand le scandale est arrivé par deux parcelles rue de Pétange à Niederkorn. Sur l’une, le fameux abri de jardin qui avait mis le feu aux poudres.

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