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Agriculture au Luxembourg : des pommes plus petites mais plus sucrées


Après un été exceptionnellement chaud, la récolte des pommes et poires devrait être moindre par rapport à 2025. (Photo : julien garroy)

Réunis au verger de la Pretemer Haff à Limpach pour la traditionnelle visite de prérécolte ce jeudi, les arboriculteurs tirent le bilan d’un été étouffant et d’une récolte qui s’annonce moins importante mais qualitative.

Debout sur une caisse de pommes à l’entrée du verger du Pretemer Haff, l’une des trois plus grandes fermes arboricoles du pays située à Limpach, Jean-Claude Muller donne de la voix ce jeudi. Comme chaque année, c’est le jour de la traditionnelle visite de prérécolte devant la ministre de l’Agriculture, Martine Hansen, et des représentants de la grande distribution. Cette année plus qu’une autre, l’aspect rassurant de la visite est primordial à la sortie d’un été exceptionnellement chaud qui aura mis à mal l’agriculture.

«Cet été était certainement stressant pour nous, les producteurs, mais aussi pour les cultures, puisqu’à partir de 30 °C tous les végétaux subissent un stress hydrique et leur croissance stagne», témoigne l’agriculteur basé à Contern. Dans les allées du verger de Limpach, les variétés de pommes les plus précoces (Delbarestivale, Elstar, Gala) commencent déjà à être cueillies et la première récolte semble plutôt satisfaisante. Malgré la sécheresse, avec seulement 7,5 mm de pluie enregistrés en juillet dans la commune voisine de Reckange-sur-Mess, «nous avons le même nombre de fruits par arbre que l’an dernier, avec moins de tonnage mais une meilleure qualité grâce à un haut taux de sucre», se réjouit Jean-Claude Muller.

Pas de récolte précoce

Au pied des arbres, Franz-Josef Scheuer, technicien agricole agréé par l’État et assermenté par la Chambre d’agriculture de Rhénanie-Palatinat, explique en effet que «la qualité des fruits est jusqu’à présent satisfaisante, mais la taille des fruits n’est pas toujours au rendez-vous», stoppés dans leur croissance par la chaleur. Tout avait pourtant bien commencé, raconte l’expert allemand : «Nous avons constaté un débourrement précoce dû à la météo et un bon développement précoce, avec une pleine floraison des fruits à pépins sur ce site vers les 15 et 20 avril, une date qui rappelle presque une année normale». La floraison s’est ensuite déroulée sans encombre et sans gelées notables, avant qu’une première canicule n’intervienne dès la fin du mois de mai.

Pour autant, «nous ne sommes pas trop avancés dans la saison pour débuter la récolte», fait savoir François Kraus, chef du service de l’horticulture de l’administration des Services techniques de l’agriculture. Ce dernier, avec ses collègues, détermine le bon moment pour la cueillette à partir d’échantillons dont ils étudient «le niveau d’amidon, le taux de sucre ou encore la fermeté». Et malgré la météo estivale, la récolte «ne sera pas aussi spectaculaire que pour la vigne».

Pour ce qui est du goût, «les consommateurs seront contents vu le taux de sucre des pommes», prédit François Kraus. Concernant les dimensions, les producteurs seront, eux, certainement moins satisfaits de leur récolte que de la précédente.

Investir contre la chaleur

«En Europe centrale, nous allons vers la plus faible récolte depuis 2017», déclare Franz-Josef Scheuer, qui rapporte le ressenti des arboriculteurs luxembourgeois qui attendent «une récolte plus faible qu’en 2025, ce qui correspond plutôt à une année normale». Pas de grande catastrophe donc pour la filière luxembourgeoise. Et pour les magasins ou grandes enseignes qui achètent leur production et qui recevront, a priori, des pommes plus petites? «Nous faisons cette visite pour eux, pour leur montrer la qualité et aussi pour leur dire qu’il faudra sûrement vendre davantage de petits que de grands calibres, mais ils sont toujours ouverts aux propositions», assure Jean-Claude Muller.

Dans ce cas, «nous pouvons faire des sachets de 2 ou 3 kilos de pommes moins grandes et que l’on dit pour les enfants». «Même les adultes préfèrent les petites pommes, car elles sont, à mon avis aussi, plus savoureuses et plus croquantes qu’une grande pomme qui, parfois, peut être farineuse.»

Outre la récolte, les producteurs retiennent déjà de cet été la nécessité d’investir face aux conséquences du dérèglement climatique : «Nous avons investi beaucoup plus qu’une année ordinaire pour sauver la récolte et avoir un rendement plus faible». Seul un arrosage d’appoint permettant de produire des fruits commercialisables, selon Jean-Claude Muller, qui espère notamment pouvoir obtenir le droit de construire des bassins de stockage d’eau pluviale «utiles en été et en hiver quand il y a trop d’eau».

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