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«On récupère tout ce qu’on peut» : le CHL recycle des prothèses pour sauver des vies


Désosser une prothèse est un véritable travail d'orfèvre. (Photo : c. arnould)

L’ONG Handicap International collabore avec le CHL pour collecter les prothèses usagées au Luxembourg. L’objectif? Les reconditionner pour leur offrir une nouvelle vie.

Handicap International collabore avec le CHL afin de collecter des prothèses pédiatriques auprès de l’établissement de santé et de les «reconditionner» pour leur offrir une seconde vie. Plusieurs points de collecte sont ainsi installés au sein de l’hôpital, qui est le seul établissement hospitalier du Luxembourg à travailler avec l’ONG.

Selon l’ONG Save the Children, 43 % des victimes d’armes explosives dans le monde sont des enfants. Pour Lucile Barberet, responsable de la communication chez Handicap International, «un certain nombre d’enfants ont besoin de prothèses», notamment dans les pays les plus défavorisés.

Rien ne se perd, rien ne se crée, tout se transforme

On estime qu’en France, le coût d’une prothèse neuve est en moyenne de 3 000 euros pour une prothèse tibiale et de 5 000 euros pour une prothèse fémorale (NDLR : au Luxembourg, il n’existe pas de prix fixe). Une somme que peu sont en mesure de débourser, surtout dans les zones les plus pauvres.

«La CNS (Caisse nationale de santé) propose de rembourser les prothèses tous les trois ans», note ainsi Lucile Barberet. Pourtant, elle explique aussi qu’en fonction des utilisations de chacun, elles peuvent «largement tenir dix ans». Le constat est clair : on change de prothèse bien avant sa date limite.

Pour limiter le gaspillage, le CHL et Handicap International récupèrent donc les membres artificiels. Bien évidemment, une prothèse ne peut pas être gardée telle quelle. «On ne va pas juste les nettoyer un petit peu et les remettre en circulation seules, ce n’est pas possible : dans la prothèse, il y a des matériaux qui s’abîment en fonction de l’utilisation de la personne. Et il y a aussi des matériaux qu’on ne peut pas réutiliser pour des raisons d’hygiène», précise la responsable communication de Handicap International.

Une fois les prothèses nettoyées et désinfectées, le désossage peut commencer. La prothèse va ainsi être déconstruite et triée par type de composante. Pour l’ONG du Luxembourg, c’est le bénévole Jonathan Thomas qui s’occupe de cette étape dans son laboratoire à Thionville avant de l’expédier dans un entrepôt dédié à Lyon.

Les prothèses comprennent des matériaux assez nobles et chers disposant d’une technologie complexe. «On récupère tout ce qu’on peut», complète Lucile.

Tout le monde peut donner des prothèses

Contrairement aux prothèses pour adultes, les prothèses pour enfants sont plus contraignantes. Il y a plusieurs raisons à cela. Tout d’abord, les corps sont différents et ils grandissent vite. «Il faut les changer très régulièrement, parce que ça peut devenir douloureux pour l’enfant», développe la responsable communication.

Une fois les prothèses reconditionnées, elles sont envoyées dans des pays partenaires comme l’Ouganda, le Rwanda, le Togo, le Cameroun, l’Éthiopie ou le Yémen. Mais le CHL n’est pas le seul à pouvoir fournir des prothèses. Vous pouvez aussi participer. «Les particuliers peuvent venir les déposer au 140, rue Albert-Fischer à Luxembourg. Parfois, quand il y a des décès, on peut récupérer les prothèses du défunt», développe Lucile Barberet.

En 2024, cette initiative avait permis de traiter 550 prothèses. L’ONG rappelle que plus de 30 millions de personnes dans le monde ont besoin d’un appareillage, mais que seules 5 à 15 % y ont accès. «Cette initiative de reconditionnement a déjà permis à des dizaines de personnes de retrouver leur mobilité, de participer de nouveau à la société, de revivre debout. C’est un petit geste qui permet beaucoup», précise Aurélien Le Gouanvic, chargé de suivi de projets pour Handicap International au Luxembourg.

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