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LUXEOSys, le crash


Le rapport épingle, entre autres, l'ancien ministre Étienne Schneider. (photo archives LQ)

La Cour des comptes épingle la planification budgétaire du projet d’acquisition d’un satellite d’observation.

La conclusion est sans équivoque et représente une claque pour l’ancien ministre Étienne Schneider et la direction de la Défense. Le projet LUXEOSys, lancé dans la précipitation en 2018, serait truffé «d’oublis» et d’«erreurs» dans la planification. Tout cela a mené à une explosion des coûts pour l’acquisition de ce satellite d’observation qui n’a d’ailleurs toujours pas pris son envol. Repoussé à plusieurs reprises, le lancement est désormais prévu pour le premier trimestre 2023.

Ce n’est qu’à l’été 2019 – et donc après les élections législatives d’octobre 2018 – que François Bausch, le nouveau ministre de la Défense, prend connaissance du couac financier. Il commande dans la foulée un audit externe avant de demander à la Chambre une rallonge budgétaire de 139 millions d’euros, soit un budget de 302 millions d’euros au total (+82 %). Contrairement au premier vote, en juillet 2018, la large majorité (58 voix contre 2) s’est transformée en majorité étriquée (31 voix contre 29).

L’ancien ministre Schneider accablé

L’enveloppe initialement votée était chiffrée à 170 millions d’euros. La Cour des comptes souligne qu’«en mai 2018, donc avant le vote de la loi, le gestionnaire du projet s’est rendu compte que le budget prévu de 170 millions d’euros était insuffisant et il en a informé par courrier électronique le directeur de la Défense (…)». Le rapport spécial accable aussi Étienne Schneider : «Le ministre de la Défense de l’époque était également au courant des problèmes budgétaires avant le vote de la loi.»

Au départ, il était prévu d’installer les antennes et le centre de données nécessaires à l’exploitation du satellite dans la caserne militaire de Diekirch. Le Herrenberg n’a cependant pas la capacité d’accueillir une telle installation. Le centre de contrôle devait être hébergé chez SES, option finalement rejetée. L’architecture du segment sol a donc dû être revue de fond en comble. Les antennes seront installées à Redu en Belgique et une antenne polaire, non prévue, sera louée en Norvège. Le centre de contrôle et les centres de données seront installés au Luxembourg, mais pas au Herrenberg.

La Cour des comptes épingle néanmoins aussi la Chambre. L’absence de fiche financière aurait dû interpeller les élus. Les «On nous a menti» qui ont fleuri lundi sur les comptes Twitter de députés du CSV et du Parti pirate sont donc à relativiser.

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