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L’IMC fait débat pour l’attribution des licences sportives


Selon les députées Joëlle Welfring et Djuna Bernard, des licences sportives seraient refusées à des jeunes dont l'IMC est jugé trop élevé. (Photo : Jean Jacques Patricola)

En réponse à une question parlementaire sur le refus d’une licence sportive aux jeunes ayant un IMC élevé, le gouvernement reconnaît les limites de l’indicateur de corpulence, mais nie tout refus définitif pour ce motif.

Le mois de septembre pointe le bout de son nez et, avec lui, la rentrée sportive. En cette période d’inscription en club, les députées Joëlle Welfring et Djuna Bernard (déi gréng) s’interrogent sur la méthode d’attribution des licences. «Un certain nombre de clubs sportifs constateraient que la licence sportive est refusée aux enfants ou adolescents présentant un IMC élevé», écrivent les deux écologistes, ce qui aurait «pour conséquence qu’un certain nombre d’enfants se désistent de la pratique sportive en club».

Selon elles, l’indice de masse corporelle (IMC) serait pris en compte «indépendamment d’autres paramètres médicaux» afin de «conditionner la validation de l’aptitude sportive», bien que «son utilisation comme indicateur individuel fasse l’objet de limites bien connues». Dans une question parlementaire adressée à Martine Hansen, la ministre des Sports, et à Martine Deprez, la ministre de la Santé, les députées souhaitaient connaître la validité médicale et la flexibilité des critères de l’IMC dans le contrôle médico-sportif. L’enjeu étant pour elles que «les procédures destinées à protéger la santé des sportifs ne créent pas involontairement des obstacles disproportionnés à la pratique sportive».

Un indicateur à nuancer

Dans leur réponse commune, les deux ministres tiennent d’abord à préciser la classification de la corpulence chez les adultes à partir de l’IMC, qui s’obtient en divisant le poids (en kilogrammes) par la taille (en mètres) au carré. Une corpulence normale correspond à un indice entre 18 et 24,9, le surpoids entre 25 et 29,9, tandis que l’obésité, divisée en trois classes, débute au-delà de 30. À titre d’exemple, un adulte de 70 kg et de 1,75 m possède un IMC de 22,9. Pour les enfants, l’évaluation «repose sur des courbes de référence et des valeurs statistiques établies en fonction de l’âge, du sexe et de la taille».

Ceci étant dit, Martine Deprez et Martine Hansen reconnaissent les «limites méthodologiques de l’IMC». Afin d’y remédier, précisent les ministres, «le tour de taille est également mesuré dans le cadre du contrôle médico-sportif et intégré à l’évaluation clinique» et entrent en compte également «le sexe de la personne ainsi que la discipline sportive pratiquée».

En effet, l’IMC n’a pas le même impact dans toutes les disciplines. La réponse ministérielle prend l’exemple des sportifs de haut niveau pratiquant une discipline de force telle que le «powerlifting», qui «peuvent présenter un IMC compris entre 26 et 29». À l’inverse, un tel indice peut présenter un danger pour la pratique de la plongée subaquatique.

Aucune inaptitude définitive selon le ministère

Selon l’IMC et les indices ou facteurs individuels qui le complètent, l’attribution d’une licence sportive peut n’être que temporaire dans le cas où l’indice «implique une consultation médicale ou diététique». «Une intervention n’est, en règle générale, envisagée qu’à partir d’un IMC égal ou supérieur à 30», soit à partir du stade de l’obésité. Dans ce cas, «le sportif reçoit alors un formulaire qu’il est invité à présenter à son médecin traitant ou à un diététicien, puis à retourner dûment complété. Aucun examen complémentaire n’est requis dans ce cas.»

Tandis que les députées font état de licences refusées à des enfants ou adolescents à cause de leur corpulence, les ministres affirment pourtant qu’«aucune personne n’a été déclarée définitivement inapte à la pratique sportive pour un motif lié à son IMC» entre 2020 et 2025. La réponse précise également «qu’il convient de distinguer la pratique sportive de compétition de la pratique d’une activité physique, qui constitue un déterminant majeur de la santé et qui doit être encouragée pour l’ensemble de la population».

À ce jour, le contrôle médico-sportif au Grand-Duché se base sur les recommandations «des sociétés savantes de médecine nutritionnelle et de médecine du sport, ainsi que celles de l’Organisation mondiale de la santé (OMS)», mais cela pourrait prochainement évoluer. Face aux limites connues de l’IMC, le ministère des Sports annonce qu’une réévaluation est en cours avec la Société luxembourgeoise de médecine du sport (SLMS).

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