Entre les démonstrations d’interventions, les enfants au volant des camions et les moments d’échange, la Journée nationale de la sécurité civile a rassemblé un large public sur les bords de la Sûre à Diekirch.
Sur les rives de la Sûre et autour de la salle Al Seeërei à Diekirch, un air de fête foraine plane ce dimanche, entre les stands de frites et de glace, la foule présente et les rires des nombreux enfants. La seule différence est que les manèges du jour se trouvent être des camions de pompiers géants, des motos fluos de la police, des ambulances blindées de l’armée ou encore un hélicoptère en pleine opération d’hélitreuillage. Tout ce spectacle se déroule dans le cadre de la quatrième Journée nationale de la sécurité civile, une manifestation organisée tous les deux ans par le CGDIS, qui convie également ses partenaires en la matière.
«L’objectif de cette journée est que la population vienne à notre rencontre pour que nous leur présentions nos missions», explique Cédric Gantzer, chef de département à la direction générale du CGDIS, qui constate que «le site est bien rempli, donc cela semble être une réussite». Profitant d’une belle journée à la météo encore estivale, l’événement est en effet très fréquenté en ce début d’après-midi, avec un public principalement composé d’enfants émerveillés par l’uniforme et l’attirail, mais tout autant d’adultes. Pour les pompiers, selon Cédric Gantzer, «le capital sympathie vient de notre proximité, chaque village ou presque ayant sa caserne, et puis la population est consciente que nous investissons de notre temps et de notre énergie pour son bien».
Des vocations après les incendies
Sur le stand de recrutement du CGDIS, Luc Federspiel constate davantage qu’une simple cote de sympathie. «Nous étions à Luxexpo vendredi lors du salon Unicareers et certains sont venus nous voir en disant : « On a vu les incendies cet été en Europe, depuis on souhaite s’engager »», raconte-t-il. Ce pic d’intérêt pour la profession après un fait d’actualité n’est pas nouveau selon Cédric Gantzer : «Après une période de mobilisation exceptionnelle des pompiers, il y a des volontaires qui viennent sonner aux portes des casernes pour proposer leur aide. C’était le cas après la crise du covid et, après cet été, cela pourrait se reproduire.»
Outre les sapeurs-pompiers volontaires, qui composent près de 90 % de l’effectif total, le CGDIS cherche également à se renforcer en recrutant environ 50 professionnels chaque année. Pour ce faire, «notre population cible, ce sont les jeunes qui ont fait un DAP ou qui ont un diplôme de fin d’études secondaires, puisque les professionnels sont recrutés à partir du DAP ou avec une carrière bachelor pour être officier», explique Luc Federspiel.
Sur son stand à Diekirch comme ailleurs, il guide alors «des jeunes qui, souvent, hésitent entre les corps de l’armée, de la police et des pompiers». C’est le cas de David, 19 ans, qui aimerait être pompier, «car je suis plutôt sportif, j’aime aider et je n’ai pas peur du feu». Il précise qu’il fait partie de ceux qui se déguisaient en pompier plus jeune, «passionné par les camions et les sauvetages dans les films».

Au-dessus de la Sûre, un hélicoptère de Luxembourg Air Rescue a réalisé des démonstrations d’hélitreuillage.
Transmettre la passion
Au cours des échanges avec le public, les professionnels présents prennent le temps de discuter, notamment lorsqu’il est question d’évoquer leur vocation. Annick Waaijenberg, la directrice générale de Luxambulance, ne peut que souligner «le plaisir d’avoir un contact avec les gens, de les aider». «C’est surtout le cas avec les personnes âgées qui sont tellement contentes de nous voir pour les aider ou les accompagner chez le médecin. Parfois, elles n’ont plus de famille, donc nous leur évitons de se sentir seules.»
Les discussions qu’elle a à son stand lui donne aussi l’occasion d’expliquer la différence entre les ambulanciers et le CGDIS : «Sur un accident par exemple, nous faisons comme le CGDIS, mais nous sommes une ambulance privée et nous ne sommes pas des pompiers.»
En tant que présidente de la Fédération nationale des transporteurs de malades, Annick Waaijenberg en profite également pour évoquer les difficultés de recrutement de son secteur. «C’est très difficile de trouver du personnel qualifié, parce qu’au Luxembourg il n’y a pas d’école afin d’apprendre. Le métier d’ambulancier n’existe pas encore, mais nous sommes en train de nous battre pour avoir une formation et ce sera bien plus facile.»
L’armée, qui tient aussi un stand de recrutement, cherche également à attirer de nouveaux volontaires. Malgré les critiques du syndicat professionnel de l’armée concernant les conditions de travail, Kevin enchaîne les discussions et relève que «les gens sont intéressés par tous les métiers, que ce soit pour être officier, soldat ou même dans le civil comme technicien ou menuisier». Auprès des jeunes, il partage son parcours, lui qui a décidé de rejoindre l’armée après une journée comme ce dimanche : «J’étais au lycée, je suis entré pour la première fois dans un Hummer et après ça j’étais pris dedans.»

À l’instar de l’armée, les différents corps de la sécurité civile avaient leur stand de recrutement.