Xavier Bettel a renouvelé jeudi le soutien du Luxembourg à l’UNRWA, estimant que l’agence des Nations unies demeure un acteur essentiel de l’aide humanitaire malgré les critiques dont elle fait l’objet.
Le Luxembourg ne change pas de cap. En recevant jeudi le nouveau commissaire général par intérim de l’Office de secours et de travaux des Nations unies pour les réfugiés de Palestine (UNRWA), Christian Saunders, le ministre des Affaires étrangères, Xavier Bettel, a réaffirmé le soutien du Luxembourg à l’agence onusienne, qu’il juge «indispensable» pour venir en aide aux réfugiés palestiniens.
Le Grand-Duché maintient ainsi sa confiance envers l’UNRWA. «Le Luxembourg reste un partenaire fiable, un partenaire engagé», a déclaré le chef de la diplomatie luxembourgeoise, assurant vouloir poursuivre les projets menés avec l’agence. «Nous voulons continuer sur les projets que nous avons ensemble, dans l’intérêt des Palestiniens.»
Des réformes mises en avant
Confrontée depuis de nombreux mois à des accusations portant notamment sur sa neutralité et sur d’éventuels liens entre certains de ses employés et le Hamas, l’UNRWA affirme avoir engagé une vaste réforme de son fonctionnement.
Xavier Bettel a rappelé que le rapport conduit par l’ancienne ministre française Catherine Colonna avait confirmé le caractère «indispensable» de l’agence, tout en formulant plusieurs recommandations. «En mars 2026, selon les informations que nous avons reçues, 80 % des recommandations avaient déjà été pleinement mises en œuvre», a-t-il souligné.
Le ministre a également expliqué avoir lui-même soulevé, lors de précédentes visites, la question de certains contenus présents dans des manuels scolaires utilisés dans les écoles de l’UNRWA. «Il était important d’avoir une UNRWA qui soit irréprochable», a-t-il insisté, estimant que les critiques adressées à l’agence rendaient indispensable un renforcement des garanties en matière de neutralité.
«L’organisation la plus exigeante» sur la neutralité
Christian Saunders a détaillé les mesures prises par l’agence pour répondre à ces critiques. Selon lui, l’UNRWA dispose aujourd’hui du «programme de neutralité le plus fort de toutes les organisations des Nations unies», une exigence rendue nécessaire par le contexte dans lequel elle intervient.
Le commissaire général a indiqué que sur les 50 recommandations issues du rapport Colonna, la grande majorité avait déjà été appliquée. Il a également expliqué que les quelque 17 000 enseignants employés par l’agence font l’objet de contrôles réguliers, que les contenus pédagogiques sont examinés et que les pages jugées incompatibles avec les valeurs des Nations unies sont retirées ou remplacées.
Interrogé sur les accusations visant certains employés, Christian Saunders a reconnu qu’aucune organisation ne pouvait garantir un risque nul. «Quand nous découvrons que des personnes ont commis des actes répréhensibles, nous prenons immédiatement des mesures», a-t-il déclaré, tout en rappelant que les listes du personnel sont régulièrement transmises aux autorités israéliennes afin qu’elles puissent procéder à leurs propres vérifications. «Puis-je mettre ma main au feu en disant que personne n’a jamais rien fait? Non, je ne peux pas.»
Une présence toujours essentielle à Gaza
Christian Saunders a également rappelé l’ampleur des opérations de l’UNRWA dans la bande de Gaza et en Cisjordanie. L’agence emploie actuellement environ 11 000 personnes dans l’enclave palestinienne, où elle assure quotidiennement entre 12 000 et 14 000 consultations médicales, fournit un enseignement à distance à quelque 300 000 enfants et approvisionne près de 1,5 million de personnes en eau et en services d’assainissement.
En Cisjordanie, où plusieurs camps de réfugiés ont été fortement touchés par les opérations militaires israéliennes, l’UNRWA affirme avoir dû adapter son dispositif afin de poursuivre les services de santé et la scolarisation de milliers d’enfants déplacés, notamment en coopération avec l’Autorité palestinienne.
Bettel plaide pour préserver le cadre multilatéral
Au-delà du soutien à l’agence, Xavier Bettel a insisté sur la nécessité de préserver le système multilatéral et les institutions internationales.
«Les initiatives multilatérales et le droit international restent, pour moi, essentiels», a-t-il déclaré, estimant qu’un affaiblissement des structures onusiennes constituerait «un mauvais signal». Il a également réaffirmé l’attachement du Luxembourg à la solution à deux États. «Nous défendons les deux États. La paix en Palestine sera la sécurité en Israël.»
Le ministre a enfin rappelé que le Luxembourg entendait suivre de près les engagements pris à la suite de la reconnaissance de l’État de Palestine par plusieurs pays, estimant que cette reconnaissance devait produire «un impact pour les gens qui habitent là-bas» et s’accompagner d’avancées concrètes sur le terrain.