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Lamia : la speakerine de l’US Rumelange se confie


Lamia Skenderovic est la speakerine de l'US Rumelange. Un job loin d'être anodin! (Photo : Mélanie Maps).

Voilà deux ans que Lamia Skenderovic apporte un peu de fraîcheur au micro du stade à Rumelange. Elle nous raconte sa passion, son club, ses envies…une fan de foot, une vraie!

Elle a le souvenir d’un moment vraiment très «pénible», qu’elle «n’oubliera jamais» qui date de septembre 2015. C’était l’une de ses premières fois au micro du stade municipal de Rumelange et Hamm était l’hôte du jour. «Je n’arrêtais pas d’entendre les journalistes à côté de moi parler d’un des joueurs de Hamm. Et il a marqué. Et moi j’ai mal compris le nom et j’ai annoncé un but d’Antivirus. Quand je pense que tout le stade a entendu ça… C’était très gênant, mais rigolo aussi!» L’Américain Martin… Ontiveros a dû bien rigoler en s’entendant rebaptiser de la sorte par la nouvelle speakerine rumelangeoise, en remplacement de Cynthia Schreiner, partie faire un bébé. «Elle devait revenir, mais finalement non. Mon intérim devait durer deux mois et cela fait deux ans déjà…»

Finesse dans ce monde brutes
Attention, Lamia Skenderovic ne se plaint pas. Elle adore ça, faire le micro, apporter ses quelques grammes de finesse dans ce monde de brutes. Récemment, des dirigeants de Käerjeng sont même montés jusqu’à sa cabine pour lui dire qu’ils trouvent sa «voix agréable». «C’était gentil, moi qui pensais que personne n’écoutait…» Si cette jeune étudiante en 3e année de bachelor sciences de l’éducation a acquis la conviction qu’elle prêche dans le vide, c’est parce que depuis la relégation, il y a beaucoup moins de monde au stade et quasiment plus personne dans la cabine de presse qui grouille de plumitifs quand le club est en DN. «C’est pour ça que je veux absolument qu’on remonte, pour ne plus me sentir seule, pour avoir plus de gens à qui parler.»

Une bagarre? Elle prend le micro…
Il lui arrive quand même des aventures. Même en Promotion. Des futiles qui mettent en lumière sa vision si rafraîchissante du foot : «Récemment, des gens de Wiltz sont venus me dire que je prononçais mal les noms de leurs joueurs et que la moindre des choses serait que je me renseigne auprès du staff. Moi je veux bien, mais il me semble que leur coach a autre chose à faire avant le match que de parler du nom de ses joueurs.»

Et des moins drôles, qui prouvent aussi qu’à 23 ans une demoiselle dans un monde d’hommes peut aussi se sentir toute petite : «Contre Mamer, un de nos supporters en est venu aux mains en bord de terrain avec un membre du comité de l’adversaire. Je ne savais pas trop quoi faire, alors j’ai demandé aux gens de se calmer par micro. Ça n’a pas aidé du tout, mais je l’ai dit. Je ne voulais pas qu’on puisse me reprocher de n’avoir rien fait.»

Dans le rap, «il y a des mots vulgaires»
S’il y a bien une personne qui ne lui fera jamais ce reproche, c’est son président, Gérard Jeitz, qui a trouvé dans ce petit bout de femme brune une amoureuse de l’USR, presque aussi dévouée à son club qu’il l’est lui-même. Joueuse chez les dames («J’évolue en 6 ou en 10, mais on le fait toutes pour s’amuser. On ne regarde même pas le classement. NDLR : elles sont actuellement 7e de D3 série 2), entraîneuse des bambinis, elle s’inflige deux fois deux entraînements par semaine, plus deux rencontres le samedi. Et le dimanche, pour la cousine de l’international d’Elversberg Aldin Skenderovic, c’est micro. «Je dois être ici vers 15 h. On me dit s’il y a des choses particulières à annoncer avant le match et je lance la musique. Les joueurs de l’équipe ont une playlist à eux pour l’échauffement. C’est beaucoup du rap français ou américain. Mais comme il y a beaucoup de mots vulgaires, quand il y a des matches lors desquels le focus est un peu plus grand, comme en Coupe, vu que je ne veux pas de remarques de gens choqués, je mets directement la musique que je passe à la mi-temps ou après le match : des hits du moment que je choisis moi.»

Une nouvelle sono pour être plus pro?
Avec deux ans d’expérience, voilà Lamia quasiment prête à remonter dans l’élite. Consciente de ses sautes de concentration, elle prend plus de temps pour analyser le jeu et en discuter ensuite avec ses frères, qui jouent au club et sont ses critiques les plus fervents. «Ils me disent parfois qu’on ne m’entend pas assez fort. Ils m’ont même demandé un jour si j’avais bu parce que je m’étais trompée de vingt minutes lors des annonces de remplacement.»

Pour être plus pro, elle a demandé à son président une nouvelle sono, plus moderne, qui ne fonctionne pas avec des CD et surtout, qu’elle puisse avoir face à elle pour pouvoir toujours garder un œil sur le match. Et preuve qu’elle prend les choses à cœur, elle envisage même d’écourter ses vacances estivales au Monténégro si l’USR devait remonter et donc reprendre le championnat début août. «Sinon, ce sera Gérard qui devra faire le micro.» Et sa voix est moins agréable…

Julien Mollereau.

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