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La formation des CFL bientôt centralisée à Hollerich


D'une surface brute de 10 000m2, le futur centre de formation des CFL sera opérationnel pour la fin 2028. (Photo : didier sylvestre)

Le coup d’envoi officiel du futur centre de formation des CFL a été donné ce jeudi. Ce projet d’envergure de 50 millions d’euros, au cœur d’un site chargé d’histoire, centralisera la formation du groupe à l’horizon 2028.

Ce n’est encore qu’un trou béant, plus ou moins caché des regards par des palissades en bois entre la rue de la Déportation et la voie ferrée à Hollerich. Ici, à deux pas de la gare, sortira de terre le futur centre de formation des Chemins de fer luxembourgeois (CFL). Bien que l’excavation du site ait déjà débuté, le lancement officiel des travaux a eu lieu ce jeudi avec la pose symbolique de la première pierre. Avec leurs truelles, les dirigeants de l’entreprise ferroviaire et les différents élus ont recouvert de ciment une capsule temporelle, marquant ainsi le coup d’envoi de l’un des chantiers majeurs de CFL Immo, la filiale immobilière du groupe CFL.

Cette dernière mène également la construction du nouveau siège social à Bonnevoie, celui d’un bâtiment administratif sur le centre de remisage et de maintenance le long du boulevard de Kyiv et prépare un projet de tour de 18 étages au pôle d’échange de Howald. Autant dire que le calendrier est bien rempli, avec le chantier pour le centre de formation qui devrait s’étaler sur plus de trois années. «Le bâtiment sera opérationnel d’ici la fin 2028 et pourra accueillir près de 500 personnes», annonce Marc Wengler, directeur général des CFL, moyennant «une enveloppe budgétaire d’environ 50 millions d’euros».

«Un seul site pour toutes nos formations»

Concrètement, l’investissement pour ce futur bâtiment vitré est motivé par la volonté de «rendre un meilleur service aux clients». «Le centre de formation permettra de réaliser une centralisation de toutes nos formations au sein du groupe. Ce ne sera pas un centre de formation traditionnel mais plutôt une sorte d’écosystème de pédagogie moderne», explique Marc Wengler. À ce jour, les CFL louent un site afin de former ses aiguilleurs, chefs de circulation, conducteurs, accompagnants à bord des trains et tous les autres employés proches des opérations ferroviaires.

L’objectif est alors d’avoir un lieu propre au groupe et que les formations dédiées aux cheminots se mélangent à d’autres formations plus larges. «Il y aura sur un seul site pour toutes nos formations initiales ou continues, avec des sujets qui prennent de plus en plus de poids comme ceux autour de la sécurité ou de la qualité et orientation client.»

Les CFL veulent aussi avoir un meilleur équipement de formation, en se dotant de salles de cours modernes, d’espaces dédiés aux métiers ferroviaires avec la présence de simulateurs «pour la conduite mais aussi pour des postes directeurs, tels que celui de chef de circulation». Le directeur général promet également une part belle à «la pédagogie active» grâce à des espaces modulables et de la réalité virtuelle, ainsi qu’une partie en e-learning.

À noter que l’Éducation nationale va aussi profiter de ces infrastructures, puisqu’une partie de l’immeuble sera louée au ministère «afin de couvrir ses besoins de salles de formation en surfaces de bureau».

Entre mémoire et mutation urbaine

En raison de son emplacement, le centre de formation a été imaginé en «étroite collaboration avec l’Institut national pour le patrimoine architectural afin que la conception du bâtiment respecte les exigences patrimoniales». Ce site est en effet chargé d’histoire, puisqu’il est à proximité du Mémorial de la déportation et du parvis classé de la gare de Hollerich. Cette dernière était utilisée par les forces nazies occupantes comme le principal point de départ de la déportation au Grand-Duché.

Depuis ces quais, près de 10 200 jeunes Luxembourgeois ont été enrôlés de force dans la Wehrmacht ou le service du travail, 4 000 opposants politiques et leurs familles ont été déplacés en Allemagne et des familles juives ont été déportées vers les ghettos et les camps d’extermination.

L’histoire et le devoir de mémoire ne seront pas étouffés par l’imposant centre de formation, promet les CFL, qui, dans leur recherche de surface constructible, a saisi l’opportunité de ce terrain vague déjà propriété du Fonds du rail. Le centre s’inscrit aussi dans la dynamique d’un quartier en développement. «De notre côté, nous avons commencé le projet du pôle d’échange multimodal Hollerich et le projet urbain « Nei Hollerich » va débuter. Le quartier sera alors très différent dans les prochaines années, la rue de la Déportation sera urbanisée, ce pour quoi nous pensons que c’est un endroit très approprié pour le centre.»

 

 

La pose symbolique de la première pierre a marqué le lancement officiel du chantier (Photo : didier sylvestre)

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