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Inclusion des personnes handicapées : «On change de perspective», annonce Max Hahn


Avec ce troisième plan d'action national handicap, le ministre veut placer la personne handicapée et ses besoins au centre. (Photo : adobe stock)

Après des débuts en dents de scie, le Plan d’action national handicap, dont la troisième mouture a été présentée lundi avec Max Hahn en chef de file, se veut plus rigoureux et porté par l’effort collectif.

Alors que les premières versions du Plan d’action national pour la mise en œuvre de la convention des Nations unies relative aux droits des personnes handicapées, lancé en 2012 puis revu en 2019, avaient brillé par leur inefficacité, Max Hahn a mis un sérieux coup de pied dans la fourmilière dès son arrivée à la tête du ministère de la Famille en 2023.

Des efforts constants en faveur de l’inclusion – toujours en concertation avec les personnes concernées, selon le principe du «Rien sur nous sans nous» – qui aboutissent aujourd’hui à une mobilisation inédite : pas moins de quatre ministres (Santé, Éducation, Justice et Famille) face à la presse lundi pour lancer le troisième Plan d’action national handicap.

«Et encore, on aurait pu réunir tout le gouvernement, parce que les 20 ministères ont contribué à ce plan 3.0», a fièrement souligné Max Hahn dans son introduction, rappelant que «le handicap résulte de barrières imposées par la société» et qu’il «appartient donc à nous tous de les supprimer».

Une personne sur sept

Si le recensement de 2021 a permis d’établir qu’un résident sur sept vit avec un handicap, le ministre a insisté sur le fait que chacun peut être concerné, à la suite d’un accident, une maladie ou simplement en avançant en âge. «Ce n’est pas un phénomène marginal», a-t-il pointé. D’où l’importance de construire une société plus inclusive.

Quatre ministres face à la presse pour 20 ministères mobilisés au total. Une première dans le domaine du handicap. (Photo : sip/claude piscitelli)

Ainsi, pour développer les 119 mesures et 50 objectifs listés dans l’épais document, 150 professionnels et membres de la société civile ont planché en parallèle du groupe de travail interministériel, tandis que le Conseil national des personnes handicapées (Info-Handicap) était lui aussi consulté.

Fini les erreurs du passé 

Au final, le plan comporte sept chapitres, dont un entier dédié à la gouvernance, essentielle pour assurer le suivi de la mise en œuvre des différentes mesures, mais qui a pourtant fait défaut par le passé. Cette fois, des leçons ont été tirées et le déploiement est bien ficelé.

Des fonctionnaires des 20 ministères sont affectés au projet, un groupe de suivi externe est constitué, chaque action comporte des indicateurs de réussite clairs et une date butoir, un état des lieux sera dressé annuellement, tandis que les ministères responsables pour la réalisation de chaque mesure figurent au plan. Le tout sera évalué lors d’un bilan global dans cinq ans.

Priorité à l’autodétermination 

Véritable fil rouge des mesures annoncées lundi, l’autodétermination – la possibilité pour une personne handicapée de faire ses propres choix de vie – est désormais privilégiée à tous les niveaux.

«On change de perspective, on place la personne et ses besoins au centre. Avec, pour commencer, un seul guichet où s’adresser pour toutes les prestations liées au handicap et à l’inclusion : conseils, aides, accès aux services», a indiqué Max Hahn.

Ouverture d’un guichet unique 

Multicanal (physique, visio, chat en ligne) et directement rattaché au ministère de la Famille, ce guichet pour lequel un projet de loi sera déposé en 2027 intégrera un réseau d’intervenants spécialisés afin de simplifier les démarches administratives.

«On mise aussi sur le développement de l’assistance personnelle et d’un budget individuel pour permettre aux personnes de choisir quelles sont les prestations qui leur correspondent», a-t-il poursuivi, promettant aussi la collecte de chiffres fiables sur le sujet, à travers une base de données nationale et des rapports réguliers. Là encore, un projet de loi devrait être soumis l’an prochain.

L’accessibilité en un clic

Sur l’accessibilité, indispensable pour garantir à tous une participation égalitaire dans la société, une nouvelle plateforme digitale baptisée «Access4All» permettra, dès l’an prochain, de consulter en ligne le niveau d’accessibilité des lieux ouverts au public, en fonction des besoins spécifiques de chacun.

Une plateforme en ligne indiquera bientôt le niveau d’accessibilité des lieux ouverts au public, en tenant compte des différents handicaps. (Photo : adobe stock)

La formation des agents de police, du CGDIS et de l’équipe du Centre national pour victimes de violences (CNVV) sera renforcée pour faciliter la prise en charge de personnes en situation de handicap. Et le gouvernement souhaite aussi élargir l’offre sportive inclusive en soutenant financièrement les initiatives communales ou associatives.

«Rapprocher l’école du lieu de vie»

Dans le domaine de l’éducation, le ministre Claude Meisch se dit déterminé à «montrer que l’inclusion fonctionne dès le plus jeune âge» et a d’ailleurs rappelé à l’ordre certaines crèches et maisons relais qui n’appliquent pas la priorité prévue lors de l’inscription pour les enfants en situation de handicap.

En droite ligne avec les actions menées ces derniers mois, il a indiqué : «Nous continuons à régionaliser l’offre de scolarisation pour les élèves avec des troubles du comportement, à ouvrir des antennes de centres de compétences et davantage de classes de cohabitation pour rapprocher l’école du lieu de vie des enfants.»

Sous sa casquette de ministre du Logement, il a rappelé son engagement pour l’accès des personnes handicapées à un habitat abordable, citant au passage l’appel à projets lancé il y a un an auprès des acteurs du secteur public comme privé : «On poursuit ces efforts», a-t-il assuré.

TND : un repérage précoce

En matière de santé, la ministre Martine Deprez a mis l’accent sur la prise en charge des enfants présentant un trouble du neurodéveloppement (TND), dont l’autisme fait partie. «Ce parcours doit être plus cohérent et surtout plus rapide, du repérage précoce jusqu’au diagnostic et au traitement. Les ressources seront donc renforcées au CHL pour les 0-6 ans, dans l’idée d’agir vite, avant leur entrée à l’école.»

Le plan prévoit d’accélérer la prise en charge précoce des TND, dont l’autisme, pour un diagnostic avant 6 ans. (Photo : adobe stock)

Pour cette même raison, le ministère soutient le projet Lollipop de la Fondation Autisme Luxembourg qui démarrera en janvier, ainsi que le développement d’une nouvelle offre de diagnostic dédiée aux 6-12 ans à la Maison de l’enfance à Pétange.

Les tutelles mises à jour

Très attendue par le Conseil national des personnes handicapées, la réforme des tutelles est enfin sur les rails.

«Les régimes actuels datent des années 1980 et ne sont pas basés sur le principe d’autodétermination», a reconnu la ministre de la Justice, Elisabeth Margue. «Avec cette réforme d’envergure qui compte 150 articles, nous les ferons passer au XXIe siècle.»

Le projet de loi sera déposé en 2027 et contiendra notamment «une forme simplifiée de tutelle familiale et le renforcement de l’autonomie de la personne dans ses actes du quotidien».

En conclusion, Max Hahn a martelé que toutes ces mesures «ne resteront pas lettre morte» : «On a des dates, des indicateurs, des actions concrètes. Offrir aux personnes en situation de handicap une vie plus autodéterminée, voilà notre ambition».

Le Plan d’action national handicap est disponible en ligne sur planhandicap.public.lu.

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