Grâce à un héritage historique unique, un financement public massif et une mixité sociale assumée, la capitale autrichienne a fait du logement abordable un droit fondamental.
La ville de Vienne est-elle le paradis des locataires? À en croire les habitants, l'accès à la propriété ne serait pas le Saint Graal recherché. Et les chiffres le confirment : environ 80 % de la population est locataire. Un écart qui s'explique notamment par le nombre très conséquent de logements sociaux et abordables. Dans la capitale autrichienne, ils représentent 40 % du parc locatif et 25 % des loyers sont plafonnés.
Mais ce non-désir d'accès à la propriété est aussi culturel. Marie-France Goerens, Luxembourgeoise expatriée depuis plus de 30 ans dans la capitale autrichienne, a bien observé cet aspect. «Il y a une différence assez notable avec le Luxembourg. Ici, la mentalité n'est pas d'acheter. Les Viennois préfèrent payer un loyer et pouvoir faire des activités culturelles à côté. Car le rapport avec la culture est très fort.» Un avis partagé également par Wolfgang Amann, le directeur général de l'Institut de l'immobilier, de la construction et du logement à Vienne. «Le désir d'être propriétaire n'est pas une fatalité. Il est fortement lié à l'accessibilité financière à long terme, à la prévisibilité des coûts et à la sécurité d'occupation.»
Pour comprendre la mise en place de ce système, il faut remonter au début du XXe ...
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