[SÉLECTION NATIONALE] L’Italie, encore une fois tenue à l’écart de la grand-messe internationale, se présente au Luxembourg pour relancer quelque chose. Mais les Rout Léiwen ne la laissera pas faire.
Rappeler qu’en huit confrontations, le Luxembourg n’a jamais battu l’Italie, est-ce sous-entendre mollement que les Rout Léiwen auront peut-être la plus grande opportunité de leur histoire, ce mercredi, à Gasperich? Jeff Strasser verrait alors très bien vers quoi tend insidieusement la question, la rapporterait à la jeunesse de cette Nazionale composée uniquement de U21 (exception faite de Donnarumma).
Il s’agacerait alors très vite parce qu’on n’a eu de cesse, depuis des semaines de le ramener à ça, au fait qu’il y avait peut-être un coup à faire, pour marquer d’une pierre blanche le lancement d’un nouveau cycle : «Ça m’étonne qu’on ne me parle jamais de Bartesaghi, titulaire au Milan AC, d’Esposito, qui joue à l’Inter, de Palestra, qui joue à Cagliari donc en Serie A. Des garçons qui, quoi qu’il arrive, ont vocation à jouer à terme pour la Squadra Azzurra».
Gloire poussiéreuse contre prise de risques
La FLF est victime collatérale du moment : toute la Botte regardera sans aucune mansuétude vers le stade de Luxembourg. La mentalité inhérente à un pays quatre fois champion du monde va tendre, naturellement, vers le scepticisme et guetter la sortie de route. L’instrument de l’implosion totale d’un système qui cherche pourtant à se révolutionner avec Baldini aux commandes (mais en intérim), ce serait donc les Rout Léiwen. Laurent Jans et ses partenaires peuvent ainsi achever l’œuvre de destruction totale qu’a engagée la Bosnie en sortant l’Italie en barrages de la Nations League et en partant aux États-Unis à sa place.
Ou alors… ces jeunes peuvent, en 90 minutes, envoyer un message, effacer des décennies de certitudes qui se sont construites sur l’expérience plutôt que la jeunesse, sur le vice plutôt que la candeur, sur une gloire poussiéreuse plutôt qu’un avenir qui accepte la prise de risques.
En tout cas, ce quitte ou double, c’est chez nous que ça se passe.
Et c’est très bien. Pace que la dernière fois que la Squadra est venue au Luxembourg, c’était… le 27 avril 1988. Tous les membres de sa délégation portaient des «trenchs» beiges classieux sur le banc de touche du stade Josy-Barthel. Façon réunion de détectives privés, venus regarder par curiosité un amical sans grand intérêt, qui se terminera sur un 0-3 logique, avec baston dans les vestiaires entre Gianluca Vialli et Carlo Weis à la fin de la partie, après des crachats répétés de l’attaquant italien sur le libéro des Rout Léiwen.
Maldini, 19 ans, chipe le ballon à Malget
Théo Malget y perdra un ballon qui coûtera un but contre une légende en devenir, le tout jeune latéral gauche Paolo Maldini, 19 ans seulement et qui avait déjà prouvé, quelques semaines avant que la Squadra ne fasse demi-finaliste de l’Euro, que l’Italie ferait bien, de temps en temps de croire en ses pépites.
Trente-huit ans plus tard, sorti de ce contexte explosif, l’excitation est là au Grand-Duché. «Ça donne envie», admet Florian Bohnert, qui se désole encore d’avoir raté le combo France/Belgique il y a deux ans. «Le stade sera plein mais tout le monde ne sera peut-être pas pour nous, avec cette diaspora», sourit Jeff Strasser. «Moi, ce qui m’impressionne le plus, c’est leur façon de chanter leur hymne, complète Dirk Carlson. On voit la fierté qu’ils ont de leur pays.» Mais l’inverse sera-t-il vrai, ce soir, à 22 h 30? L’Italie sera-t-elle fière de ces U21 qui ont pris la place des A?