Face à un marché sous tension, la Fédération des artisans estime que «le Luxembourg souffre depuis des années avant tout d’un manque structurel de logements». Elle appelle à une relance massive de la construction.
Dans un contexte où le débat politique se concentre sur une régulation accrue des loyers (avec l’adaptation du bail à loyer notamment), la Fédération des artisans met en garde contre un diagnostic erroné de la crise du logement. Selon elle, «le vrai problème est le manque structurel de logements», une situation qui perdure depuis plusieurs années déjà dans le pays.
Si «la pression sur le marché locatif est réelle», elle n’est, d’après la Fédération, que la conséquence directe d’un déficit de construction. «On ne construit pas assez», souligne-t-elle ainsi dans un communiqué diffusé ce vendredi midi.
L’organisation met en garde contre les effets contre-productifs d’une régulation des loyers dans un contexte de pénurie : «Réguler un marché en pénurie ne crée pas de logements. Cela risque au contraire d’aggraver la situation.» Elle estime que cette approche pourrait décourager les investisseurs et ralentir encore davantage la création de nouveaux logements.
Les conséquences sont déjà visibles : «les ménages peinent de plus en plus à se loger», tandis que «les entreprises rencontrent des difficultés croissantes pour recruter» et que «le marché du travail est directement affecté par le manque de logements disponibles».
Un risque d’aggraver la pénurie
Face à ce constat, la Fédération des artisans appelle à «recentrer le débat sur les véritables priorités», notamment en construisant «plus, plus vite et de manière durable», en relançant «avec tous les moyens le logement neuf» et en garantissant «des conditions d’investissement stables et attractives».
Elle plaide également pour une simplification des procédures et une révision des exigences techniques afin de réduire les coûts d’accès au logement.
En conclusion, l’organisation insiste : «Le Luxembourg ne peut pas réguler sa sortie de crise. Il doit la construire.» Toute politique qui ignorerait cette réalité «prend le risque d’aggraver la pénurie au lieu de la résoudre».