Menacée de fermeture, la maternité de l’hôpital de Mont-Saint-Martin n’a peut-être pas dit son dernier mot. Une manifestation est annoncée pour le 7 novembre.
«Un matin, une femme enceinte est venue nous voir. Elle avait de violentes douleurs au ventre. Elle souffrait d’un HRP, ou hématome rétro-placentaire. Son placenta saignait à l’intérieur. Dans ce cas-là, on a maximum quinze minutes pour faire une césarienne en code rouge, afin de sortir l’enfant. Un SMUR obstétrical, comme on nous le promet si la maternité ferme, ou un hélicoptère n’auraient pas pu les sauver. S’ils vont au bout de leur projet, ils verront des bébés morts arriver à l’hôpital de Thionville. S’ils ont de la chance, les mamans survivront.» Cherazad Vescovi, Émilie Mallesch et leurs collègues de la maternité de l’hôpital de Mont-Saint-Martin, menacée de fermeture à la fin de l’année, sont remontées contre le Groupe SOS.
Ce dernier vient en effet de leur annoncer la nouvelle. «La violence, c’est ça. La violence, c’est mettre une simple plateforme d’écoute à la disposition de la trentaine d’aides-soignantes et autres auxiliaires de puériculture qui risquent de perdre leur emploi et qui pleurent tous les jours à leur poste. C’est pas les feux de poubelles.» Dans l’assistance, plusieurs dizaines d’élus du territoire et de syndicalistes, emmenés par la CGT et la municipalité de Longwy, sont saisis d’effroi. Après quelques secondes de silence, «la colère» se fait entendre.
D’autant que les informations données l’attisent. Le personnel assure ainsi que des médecins spécialistes étaient intéressés par le service, «mais n’ont pas été contactés par le Groupe SOS. Idem pour des sages-femmes qui étaient également prêtes à venir faire les échographies. Or l’une des raisons que la direction avance pour fermer était l’absence de candidats. C’est un mensonge. Ils existent.» Et puis, il y aurait ces «millions d’euros versés par l’Agence régionale de santé et dont on n’a jamais vu la couleur. On parle d’argent public ici. C’est grave. On a le sentiment que tout a été fait pour fermer. Un exemple? On devait avoir un monitoring centralisé, afin d’attirer ou de garder les spécialistes. La promesse n’a jamais été tenue.»
Les élus locaux se mobilisent
Les témoignages de «l’excellent travail» réalisé par la maternité saint-martinoise affluent dans la foulée. Séverine Termini, Carole Szablonski, Véronique Malgras, Émilie Mallesch et Cherazad Vescovi vont plus loin : «Les rapports disent qu’on bosse bien. On propose en plus des soins comme l’ostéopathie, l’acupuncture, les massages pour bébés, les bains enveloppés, etc. Et gratuitement. On veut le maintien de notre service. Et on fera tout pour.»
Le personnel de la maternité de l’hôpital de Mont-Saint-Martin n’est plus seul dans la bataille pour le maintien de son service. Le collectif Sauvons la maternité s’est constitué. Et, depuis quelques jours, les motions de soutien pleuvent sur le territoire : communauté de communes Terre Lorraine du Longuyonnais, Ville de Villerupt, etc. Les élus de Longwy sont également entrés de plain-pied dans la lutte. «On a été reçus par le Groupe SOS et l’ARS mercredi, juste pour nous annoncer la fermeture. Sans concertation, sans présence du personnel et des syndicats. En résumé : on nous crache au visage. On s’est levés et on a quitté la séance», s’énerve Vincent Hamen, le maire longovicien.
L’union départementale Meurthe-et-Moselle CGT annonce également une manifestation samedi 7 novembre, à 14 h 30, devant l’hôtel de ville de Longwy-Haut.
L’Agence régionale de santé tient à préciser : «Au cours des dernières années, face aux difficultés exprimées par l’établissement, nous l’avons fortement accompagné pour soutenir et sécuriser l’activité de la maternité, notamment par la signature d’un contrat de performance en 2025 et l’attribution de plus de quatre millions d’euros de crédits sur deux ans, dont une partie était destinée à la maternité. Malgré cet accompagnement, les difficultés de recrutement persistent et fragilisent durablement le fonctionnement de l’activité obstétricale.»