C’était une première à Metz l’an passé : les magasins ont pu ouvrir leurs portes les cinq dimanches précédant Noë au lieu. Le préfet Pascal Bolot a récidivé pour cette année. Un choix diversement apprécié.
Bis repetita. En 2025, à l’approche des fêtes de fin d’année, le préfet de la Moselle, Pascal Bolot, avait surpris en prenant un arrêté visant à autoriser les commerces à ouvrir durant les cinq dimanches avant Noël, dans la limite de dix heures par jour. Le caractère exceptionnel résidait dans le fait de déroger au droit local pour cinq au lieu de quatre dimanches, comme le veut l’usage.
Cette année, le 22 novembre correspond au premier dimanche d’ouverture du marché de Noël, ainsi que du Sentier des lanternes. Et selon le préfet, cela constitue, comme l’an passé, «des circonstances locales particulières susceptibles d’engendrer un afflux de population, justifiant la nécessité d’une activité commerciale et une dérogation au principe de fermeture des magasins le dimanche». Rappelons que sur ce dossier, le préfet de la Moselle n’a autorité que sur la seule ville de Metz.
Déjà janvier et les soldes se profilent
Cette question des ouvertures dominicales est à traiter en englobant le mois de janvier. Car le droit local acte que les magasins peuvent lever leur rideau le premier dimanche des soldes, du moins cinq heures durant. Si l’on jette un coup d’œil sur le calendrier, cela se traduit par six dimanches ouverts sur sept consécutifs : les 22 et 29 novembre, 6, 13 et 20 décembre, ainsi que le 3 janvier. Le 27 décembre s’apparente à une respiration pour des salariés. Un propos à nuancer, car en Alsace-Moselle, le 26 décembre – en l’occurrence un samedi ! – est férié.
«Nous ne sommes pas à l’abri d’un autre arrêté du préfet pour le dimanche 27 décembre», ajoute Alexandre Tott, secrétaire général Moselle de Force ouvrière. L’an passé, le syndicat avait contesté devant le tribunal administratif la décision du préfet. Si le référé avait été rejeté, l’absence, pour l’heure, de jugement au fond, est regrettée par le syndicaliste. Avec un risque : que ces décisions exceptionnelles se muent en usage.
Recours au tribunal administratif ?
Face à ce nouvel arrêté du préfet, les syndicats FO, CGT, CFDT et CFTC expriment leur désaccord. « Nous étudions ensemble les arguments à faire valoir dans le cadre d’un recours », avance Alexandre Tott. Pourtant, le préfet avait pris soin de déminer le dossier par une réunion de concertation entre les différentes parties : syndicats, commerçants et Ville de Metz.
Sur la table, figurait même une potentielle ouverture de sept dimanches d’affilée. C’est justement ce que souhaitent un certain nombre de commerçants. Et notamment leur représentant aux Vitrines de Metz, Éric Rogovitz, qui argumente : «Le dimanche 27 décembre, le marché de Noël est encore ouvert, ces derniers samedis, on est sur du – 60 %, – 80 % de chiffre d’affaires en raison des manifestations et des débordements, donc ces dimanches ouverts pourraient compenser une perte d’activité.»
Au moins, si l’affaire est portée devant la justice administrative, une décision tomberait suffisamment tôt pour ne pas répéter l’imbroglio du Vendredi Saint. Suite à un recours en référé des syndicats, le préfet de la Moselle avait fait machine arrière le mardi 31 mars, annonçant que, finalement, il n’autorisait pas les commerces à ouvrir trois jours plus tard, le vendredi 3 avril.
Olivier Chaty
(Le Républicain lorrain)