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Aides et soins : un premier Jobday face à la pénurie


Toute la journée, les recruteurs et candidats ont échangé au Tramsschapp à Luxembourg. (Photo : julien garroy)

Face aux fortes tensions de recrutement dans la santé et le médico-social au Grand-Duché, la COPAS a organisé mardi son tout premier Jobday au Tramsschapp en partenariat avec l’ADEM.

Au centre culturel Tramsschapp ce mardi, c’est un jour de première pour le secteur professionnel d’aides et de soins : celui du lancement de son Jobday. Organisé par la Copas, la confédération qui regroupe les prestataires du domaine au Grand-Duché, l’événement est en partenariat avec l’ADEM et s’adresse ainsi aux demandeurs d’emploi, tout comme au grand public. Structures d’hébergement pour personnes âgées ou en situation de handicap, centres de jour pour personnes dépendantes, services de soins à domicile ou services de psychiatrie extrahospitalière, une vingtaine d’acteurs du milieu sont présents.

Bien que ces derniers participent déjà aux salons de l’emploi plus généralistes, c’est néanmoins la première fois qu’un Jobday leur est dédié. Comme une réponse face aux tensions dans le secteur de la santé et du social? Pour rappel, près d’une structure sur deux connaît des difficultés de recrutement «élevées à critiques» selon un baromètre de MediNation.lu publié en septembre dernier, avec les aides-soignants, les éducateurs et les infirmiers comme trio de tête des profils les plus critiques.

Une diversité de métiers 

«Nous avons naturellement une pénurie de professionnels de santé», reconnaît Claudine Bettendroffer, directrice de la Copas, «mais nous recherchons également beaucoup d’autres profils et il est important de sensibiliser sur toutes les opportunités qui existent dans le secteur». Le public cible du Jobday ne se limite pas aux infirmiers ou aides-soignants mais concerne également des jardiniers, des cuisiniers ou encore des chauffeurs.

«Le secteur est tellement vaste, il s’agit de prendre en charge des personnes mais il y a une panoplie de métiers autour et chaque métier est important, c’est un ensemble qui permet que tout cela fonctionne.» C’est le cas, par exemple, du service de soins et d’aide à domicile Verbandskëscht dont David tient le stand au Tramsschapp afin de trouver «un poste d’infirmier et d’aide-soignant, ainsi que d’un agent d’entretien et d’un opérateur pour son call-center».

Concernant les aides-soignants, «nous avons surtout des demandes d’apprentis mais c’est un peu difficile de les accueillir, car le nombre de tuteurs chez nous est déjà limité», témoigne David, infirmier de liaison. Diplômé assistant d’accompagnement au quotidien, Kylian, 20 ans, fait partie de ceux qui cherchent une précieuse structure d’apprentissage : «Je souhaite devenir aide-soignant donc je dois déjà trouver un lieu de travail, c’est pour cela que je suis venu ici». Inscrit à l’ADEM, il rêve d’une réponse positive, «parce que c’est ennuyeux de rester à la maison».

Valoriser et susciter des vocations

Les infirmiers, eux, se font «plutôt rares», constate David. Afin de répondre à la pénurie, il estime qu’«il faudrait valoriser davantage le métier, travailler plus sur les avantages, parce que c’est un métier stressant et particulier auprès de patients». Et selon lui, l’offre de formations au Grand-Duché n’est pas le problème : «Des formations, il y en a assez, ce sont des candidats qu’il manque».

Cela se traduit notamment par la dépendance du système de santé aux travailleurs frontaliers, un tiers des infirmiers résidant en France selon les derniers chiffres de l’Observatoire de la Santé. «Il y a plein de petites vis à tourner afin d’améliorer le système», fait savoir la directrice de la Copas, qui compte sur les «groupes de travail que nous avons avec le ministère de la Santé dans le cadre de la réforme des professions de santé» pour améliorer les choses.

D’ici là, le ministère compte sur Healthcareers.lu, la campagne de promotion du secteur de la santé lancée en novembre 2022. «Notre objectif est de valoriser certains métiers et de les rendre plus visibles», explique Sneja Dobrosavljevic, qui gère la campagne et tient le stand. «La plupart des jeunes connaissent leur dentiste ou leur médecin généraliste, mais beaucoup ignorent la diversité des professions.»

Ainsi, Healthcareers intervient dans les lycées, communique sur les réseaux sociaux ou organise des campagnes d’affichage afin de faciliter l’accès aux informations sur les offres d’emploi ou les formations. «Nous nous adressons aux jeunes, mais aussi aux personnes qui souhaitent se reconvertir ou qui sont en formation, nous faisons de notre mieux pour jouer un rôle d’intermédiaire», résume Sneja Dobrosavljevic.

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