Les tensions se multiplient en Europe. Les manifestations dégénèrent bien trop souvent en affrontements avec la police et parfois même en pillages. Alors que la France est encore complètement sonnée par les émeutes de samedi, d’autres événements alarmants frappent le continent. Au début, le motif de la mobilisation est la même partout : plus de justice sociale. Mais il semble que le moindre rassemblement doive aujourd’hui se transformer en scènes de violences.
En Albanie, les étudiants ont manifesté contre la situation des universités du pays et contre la corruption. Au Portugal, des campements ont été installés à Lisbonne, Porto et dans d’autres villes, pour protester contre la crise du logement qui touche le pays. La police a délogé les personnes mobilisées et l’opération a bien souvent dégénéré. En Italie, des lycéens, des étudiants, des agriculteurs et des routiers protestent actuellement contre la hausse du coût de la vie. Ce week-end, à Milan, un rassemblement a sombré dans l’anarchie avec des policiers pris à partie et des magasins pillés. Le gouvernement a décidé l’envoi de 500 militaires pour assurer la sécurité. En Belgique, les lycéens et étudiants ont aussi donné du fil à retordre aux autorités. Là encore, il s’agissait d’un mouvement demandant de meilleurs moyens et de bonnes conditions d’apprentissage. Les cortèges ont aussi connu leur lot de débordements, que ce soit à Liège, Charleroi ou Bruxelles. Chez nos voisins, la situation s’est calmée depuis, mais reste à savoir si d’autres pays de notre continent vont connaître de nouveaux troubles.
La situation n’est simple pour personne en ces temps de crise et, pire, d’incertitude concernant l’avenir. Le monde est devenu une poudrière où la moindre frustration se transforme en guerre, où le moindre désir d’hégémonie fait basculer une région dans le sang et plonge l’ensemble du globe dans une crise sans fin. Difficultés à joindre les deux bouts, avenir complètement bouché, inflation difficilement soutenable, énergie hors de prix, crise de l’accès au logement, au travail, à une bonne formation… la liste des griefs est longue partout en Europe. Et les crispations vont se durcir, car aucune amélioration liée à la géopolitique n’est en vue.