Et à la fin, lèvera-t-il les bras comme Rocky en haut de ses célèbres marches? LeBron James a quitté le soleil de Los Angeles pour une probable dernière danse à Philadelphie, en quête d’un cinquième titre NBA, chez des Sixers embouteillés de stars.
À Joel Embiid, pivot dominant et ultra-efficace (26,9 points de moyenne la saison dernière) désigné MVP en 2023, et Tyrese Maxey, meneur-scoreur fulgurant (28,3 points), s’est aussi ajouté cet été l’explosif ailier Jaylen Brown (28,7 pts) champion avec Boston en 2024. De quoi intimider nombre d’adversaires.
Encore faut-il que le mariage réussisse, car tous ont l’âme d’un leader. Et à ce titre, chacun devra partager le ballon pour le bien commun.
Lors des matches de préparation, si l’équipe a montré de bonnes choses par séquences, les automatismes manquent logiquement encore, tant et si bien que chaque star se regarde un peu jouer sur les attaques placées.
«On a envie de jouer vite, et je pense qu’il y a un peu de négligence, enfin plutôt une sorte de passivité. Les combinaisons sont bonnes, il faut juste qu’on les travaille», a reconnu Nick Nurse, l’entraîneur des Sixers, après l’ultime match de préparation perdu contre Boston (125-120).
Le coach, qui guida les Toronto Raptors au sacre en 2019, souhaite mettre en place un basket dynamique, guidé par la recherche de la dernière passe, consistant à trouver un coéquipier en meilleure position que soi-même pour prendre un tir.
Dans cette philosophie de jeu qui va à l’encontre des statistiques individuelles, LeBron a été vu dans un rôle de créateur, de facilitateur. Ce que lui permet son «QI basket» presque sans égal en NBA.
Remiser les égos au placard
«Tout le monde est sur la même longueur d’onde. On veut se donner à fond. C’est ce qui compte le plus», a assuré James, bien conscient que pour décrocher un titre qui échappe à Philadelphie depuis 1983, les Sixers devront remiser les égos dans le placard.
Le rookie Labaron Philon Jr est fasciné par la mentalité de «LBJ» : «Un joueur de cet âge-là qui continue de se démener pour nous, même lors d’un match de présaison, ça en dit long. J’espère qu’il pourra reproduire ça mardi et tout au long de la saison. Il nous a vraiment motivés, ça c’est sûr.»
Depuis le début de sa formidable carrière, le «King» a disputé 1 622 matches, avec des moyennes à 26,8 points, 7,5 rebonds et 7,4 passes. Dantesque.
Et en dépit de quelques blessures, car son corps en vient bien parfois à grincer face à l’épreuve du temps, il sort d’une nouvelle saison à plus de 20 points.
«Je n’ai pas quitté ma famille pour être éliminé au second tour des play-offs. Il y a du travail et je suis prêt à m’y atteler», a résumé LeBron James, qui a aussi renoncé à un salaire mirobolant à L.A. où il percevait 52 millions de dollars l’an passé, pour n’en toucher «que» 8 à Philadelphie sur les deux saisons à venir.
Une cinquième bague vaut bien quelques sacrifices… D’autant qu’en cas de titre, le triple champion olympique américain (2008, 2012, 2024) deviendrait le premier joueur à triompher avec quatre équipes différentes.