Le gouvernement luxembourgeois a appris par la presse la suspension par la Sarre de la future liaison ferroviaire directe Luxembourg–Sarrebruck–Mannheim. Sa lettre à Sarrebruck est toujours sans réponse.
Le 6 février dernier, Luxembourg, la Sarre, la Rhénanie-Palatinat et le Grand Est s’affichaient encore unis. Une étude commune venait de confirmer qu’une liaison ferroviaire directe entre Luxembourg, Sarrebruck et Mannheim était réalisable en principe. Huit mois plus tard, le projet est au point mort et le Luxembourg n’en a même pas été informé officiellement.
C’est en tout cas ce que révèle la ministre de la Mobilité, Yuriko Backes, dans sa réponse à une question parlementaire du député Yves Cruchten (LSAP), ce vendredi. Les autorités sarroises ne se sont pas manifestées auprès du gouvernement avant la parution des articles de presse annonçant la suspension du projet. Selon le député, le ministère sarrois de la Mobilité a invoqué principalement la forte hausse des prix des sillons.
Une lettre restée sans réponse
Yuriko Backes indique avoir écrit à son homologue sarroise, Petra Berg, pour obtenir un échange ou une rencontre, afin de «clarifier les raisons» de cette décision et d’en discuter les conséquences. Elle attend toujours une réponse. Entretemps, la ministre a évoqué le sujet avec le nouveau ministre fédéral allemand des Transports, Steffen Bilger, en marge d’une réunion informelle des ministres européens des Transports, le 21 septembre à Dublin.
Le projet reste prioritaire pour le Luxembourg, assure-t-elle. Les travaux sur le réseau luxembourgeois se poursuivront de toute façon, puisqu’il faut supprimer le goulet d’étranglement du tronçon à voie unique entre Sandweiler-Contern et Oetrange, sur la ligne vers Wasserbillig. Mais il n’y a ni nouveau calendrier ni nouvelle planification. Quant à une éventuelle participation financière du Luxembourg pour sauver le projet, la ministre affirme seulement qu’il n’en a jamais été question avec les partenaires allemands, sans dire si le gouvernement y serait prêt.
En attendant, les frontaliers sarrois devront se contenter du bus express vers Sarrebruck, mis en place avec les CFL et dont l’État luxembourgeois prend en charge l’intégralité des coûts restants. Très demandée, la ligne sera renforcée en fonction des besoins, promet la ministre.