Le changement de méthode de calcul ne change rien à un constat accablant. Au Luxembourg, 14,8 % de la population était toujours exposée au risque de pauvreté en 2025, contre 18,1 % en 2024, selon l’ancienne méthodologie. Pour y voir plus clair : plus de 100 000 personnes sont concernées, soit près d’un résident sur sept.
La situation se corse selon la composition familiale : 40,5 % des monoparentaux et 36,7 % des couples avec trois enfants ou plus sont touchés. Plus d’un ménage sur cinq (22,4 %) déclare avoir du mal à joindre les deux bouts et 21,8 % ne peuvent faire face à une dépense imprévue. Une fois encore, les familles monoparentales sont les plus durement touchées : près d’une sur deux (49 %) peine à joindre les deux bouts. Pire encore : la pauvreté menace 22,2 % des moins de 18 ans, soit près de 30 000 enfants. Ce taux atteint même 26 % chez les 18-24 ans.
Le hasard du calendrier a voulu que la présentation de ces chiffres alarmants, repris dans le Panorama social de la Chambre des salariés (CSL), coïncide avec le dépôt du projet de budget de l’État pour 2027. «La pauvreté reste inacceptable», a clamé le ministre des Finances, Gilles Roth. Pour lutter contre le risque de pauvreté, l’État prévoit de mobiliser jusqu’à 4,3 milliards d’euros. Ce montant cumule les sommes relevant du «PIB bien-être».
Le Plan de lutte contre la pauvreté bénéficiera de 400 millions d’euros supplémentaires en 2027, contre 600 millions déjà prévus en 2026. Citons quelques nouvelles mesures annoncées pour 2027 : un gain de 200 euros par mois pour les personnes rémunérées au salaire minimum, l’introduction d’un nouveau complément vie chère (184 millions d’euros) ainsi qu’une nette hausse des allocations familiales et d’autres prestations destinées aux enfants.
Au total, 47 % des 35,8 milliards d’euros de dépenses de l’État sont consacrés aux transferts sociaux. Sans ces 16,8 milliards, un habitant sur quatre serait exposé au risque de pauvreté. Mais ce qui vaut pour le logement vaut aussi pour l’aide aux plus démunis. Les sommes débloquées sont considérables, mais elles peinent à produire des effets concrets sur le terrain. «Nous ne pouvons continuer dans cette direction», clame à juste titre Nora Back, la présidente de la CSL.