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Journée internationale de la Non-violence : l’Okaju alerte sur les violences entre enfants


(Photo d'illustration : hervé montaigu)

À l’occasion de la journée internationale de la Non-violence, l’Ombudsman fir Kanner a Jugendlecher (Okaju) a publié un document sur les violences entre enfants. Il réclame des données fiables et une prévention dès le fondamental.

Le 2 octobre, jour anniversaire de la naissance de Gandhi, est depuis 2007 la journée internationale de la Non-violence, instituée par l’Assemblée générale des Nations unies. L’Okaju a choisi cette date pour mettre en lumière une forme de violence encore mal documentée au Luxembourg : celle que des enfants exercent sur d’autres enfants.

Une violence qui inquiète d’ailleurs les enfants. Parmi les 1 172 enfants et jeunes de 6 à 18 ans ayant répondu à l’appel à contributions de l’Okaju pour son rapport annuel 2026, la violence arrive en deuxième position des sources d’inquiétude. Le harcèlement scolaire y tient une place particulière.

Ces violences «ne peuvent être réduites à des problèmes individuels de comportement», insiste l’Okaju, qui appelle à agir aussi sur les milieux de vie des enfants et sur les responsabilités des adultes et des institutions.

Selon l’enquête HBSC, le harcèlement scolaire a reculé chez les 11-18 ans, passant de 13 % en 2006 à 7 % en 2022. Le cyberharcèlement, lui, progresse : 11 % en 2018, 13 % en 2022. Les écarts entre les filières sont frappants. Dans la voie de préparation, 14 % des élèves se disent victimes de harcèlement scolaire, contre 2 % dans les classes supérieures de l’enseignement secondaire classique.

Violences sexuelles

Par ailleurs, les violences sexuelles entre enfants auraient fortement augmenté au cours des dernières décennies. Selon Marzenka Krejcirik, experte à l’Okaju, environ un tiers des violences sexuelles subies par des enfants seraient commises par d’autres enfants. Parmi les facteurs de risque, elle cite l’exposition antérieure à des violences sexuelles non détectées ou non traitées, ainsi qu’à des contenus sexuellement explicites ou violents.

Au Luxembourg, le phénomène reste difficile à chiffrer. En 2023, le parquet a recensé 150 enfants et adolescents victimes de violences sexuelles, mais les autorités judiciaires ne peuvent pas dire combien d’auteurs étaient eux-mêmes mineurs. Seul indicateur disponible : depuis son lancement en juillet 2024, le programme Cosmos de l’Alupse, destiné aux enfants auteurs de violences sexuelles, a reçu une centaine de dossiers transmis par le parquet.

Malgré ces quelques enquêtes, les données manquent. Les statistiques existantes recensent certains mineurs auteurs d’infractions, mais sans dire contre qui les faits ont été commis. L’Okaju y voit un «pilotage institutionnel à l’aveugle».

Les médias dans le viseur

L’Ombudsman conclut son communiqué en définissant huit priorités. Il demande d’adopter sans délai la réforme de la protection de la jeunesse, toujours régie par une loi de 1992, et de mettre fin au placement d’enfants dans la prison pour adultes de Schrassig, où plus de 30 mineurs ont été placés depuis le début de l’année.

Il réclame aussi une commission nationale indépendante sur les violences à l’égard des enfants, des statistiques régulières et une prévention dès l’enseignement fondamental, avec l’extension des délégués à la protection des élèves.

Dernière priorité, adressée aux médias, cette fois : la couverture de faits graves ne doit ni alimenter la panique morale, ni compromettre la présomption d’innocence et la vie privée des enfants concernés.

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